Collections et patrimoine

Sauver le patrimoine mondial astronomique

17 septembre 2012

Les bibliothèques, comme la BnF, conservent des trésors du patrimoine astronomique sous la forme  de globes, de cartes célestes, de traités.

Désormais, l’UNESCO se penche aussi sur cet aspect du patrimoine scientifique, en lançant une liste “du patrimoine de l’astronomie” sur le site www.astronomicalheritage.net

BnF, visite des globes du Roi-Soleil - © Photo David Paul Carr /BnF

BnF, visite des globes du Roi-Soleil - © Photo David Paul Carr /BnF

Le site vise à défendre et promouvoir le patrimoine astronomique sur le modèle de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce “patrimoine mondial de l’astronomie” comprend des sites et monuments historiques liés à l’observation du ciel et des étoiles (pyramides et temples égyptiens, Stonehenge, l’observatoire de Meudon), des instruments (Zodiac du Temple de Dendera dont l’original se trouve au musée du Louvre), des pratiques culturelles ou même des paysages et lieux préservés de la pollution lumineuse contemporaine. Les professionnels sont invités à y proposer de nouveaux sites et à participer à des forums sur le sujet.

L’astronomie a toujours eu une place importante en bibliothèque. L’astronome Eratosthène, connu pour avoir le premier calculé la circonférence de la Terre, a d’ailleurs dirigé la Bibliothèque d’Alexandrie. Dans les collections de la BnF, les éléments du patrimoine astronomique sont nombreux. Parmi eux évidemment les fameux globes de Coronelli aujourd’hui installés dans le Hall Ouest. Le globe céleste de couleur bleue lapis-lazuli présente la position des astres célestes le jour de la naissance du futur Louis XIV le 5 septembre 1638. Par ailleurs, soucieuse de favoriser l’accès de chacun à ce patrimoine commun, la BnF a imaginé un dispositif tactile pour permettre aux mal voyants d’appréhender l’œuvre.

Maître de Boucicaut. La leçon d'astronomie, ms Français 9141 (1410?), BnF, Manuscrits

Ms Fr 9141, Maître de Boucicaut, La leçon d'astronomie (v. 1410?), BnF, Manuscrits

Les pratiques culturelles de l’astronomie se lisent aussi dans le patrimoine écrit. Au XIIe siècle, la science astronomique arabe est particulièrement en avance sur son temps, et de nombreux manuscrits arabes reproduisent des constellations, analysent les éclipses de lune ou de soleil. Ces connaissances et les pratiques scientifiques qui y sont associées atteignent progressivement l’Occident par les différents contacts culturels qui ont lieu sur les rives de la Méditerranée. A la veille de la Renaissance, le globe céleste devient un instrument assez banal, comme le montre le manuscrit du maître de Boucicaut.

L’ouverture de cette nouvelle liste du patrimoine mondial dédiée à l’astronomie, montre combien l’héritage de l’humanité est fragile et nécessité l’attention de tous pour sa préservation.

Régis Stauder (BnF)

  • En savoir plus :

- Documents de la BnF sur l’astronomie à partir du site data.bnf.fr

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