Histoire
Labrouste, architecte de la salle des Imprimés
Avec Baltard, Garnier ou Pascal, Henri Labrouste (1801-1875) est l’un des grands architectes français du XIXe siècle. Parmi tous les chantiers que Labrouste a dirigé, figure celui du quadrilatère Richelieu, dont la salle des Imprimés est reconnue comme l’un de ses chefs-d’œuvre. Une exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à laquelle la BnF participe, lui rend aujourd’hui hommage jusqu’au 7 janvier 2013.
- Une architecture de fer et de fonte
La Bibliothèque impériale a bénéficié du développement économique du Second Empire et de la rénovation haussmannienne de la capitale, à travers la création du quadrilatère Richelieu, serti par les rues Colbert, Richelieu, des Petits-Champs, Vivienne, et conçu par Henri Labrouste comme un véritable pré carré du savoir. Au sein de ce quadrilatère, la salle consacrée à la consultation des Imprimés, dite salle Labrouste, construite entre 1860 et 1866, concentre les caractéristiques majeures du style de l’architecte et des possibilités techniques offertes par son temps. Ainsi, le recours aux matériaux industriels comme le fer et la fonte sont privilégiés et laissés apparents. Ces matériaux sont bien maîtrisés par les architectes de cette deuxième moitié du XIXe siècle, comme le montre l’exposition “Victor Baltard. Le fer et le pinceau“ qui se déroule jusqu’au 13 janvier 2013 au Musée d’Orsay. Fer et fonte permettent de développer une hauteur sous voûtes prodigieuse. De ces voûtes de la salle Labrouste, neuf coupoles de faïence blanche inondent la salle de lecture d’un flot de lumière zénithale propice à la lecture.
- Un symbole du savoir
Longtemps, dans ce hall de 1155 mètres carrés, chaque lecteur a eu ses habitudes, sa place fétiche. Il a été le symbole de la Bibliothèque nationale, et même du savoir en bibliothèque. Jusqu’à la construction d’une nouvelle bibliothèque sur le site de Tolbiac. Toutefois, les salles de lecture du Rez-de-Jardin du site de Tolbiac restent hantées par des références implicites à l’œuvre du grand architecte : l’usager ne retrouve-t-il pas dans ces salles de lecture de Tolbiac le grand volume de la salle Labrouste ? Ce jardin intérieur ne renvoie-t-il pas aux fresques sylvestres d’un vert profond qui en décorent les murs ? Tout cela ne montre-t-il pas, au fond, les difficultés qu’éprouvent l’institution et ses usagers, notamment les plus âgés d’entre eux, à faire le deuil de cette salle si emblématique ?
- La portée du geste architectural d’Henri Labrouste
Les œuvres de Labrouste bénéficient aujourd’hui d’une réévaluation par les historiens de l’architecture. Elles inspirent les artistes contemporains. La nouvelle exposition Labrouste qui s’ouvre à la Cité de l’architecture et du patrimoine le montre bien, tout comme le respect de son œuvre dans l’actuel chantier de restauration du quadrilatère Richelieu. Pour un artiste comme Erik Desmazières, les volumes de la salle Labrouste ou le labyrinthe piranésien des coursives du magasin principal restent des sources d’inspiration inépuisables pour ses gravures, dont certaines sont exposées en ce moment même dans la galerie des donateurs du site Tolbiac. Tout autant pour rendre hommage à Henri Labrouste, que pour faciliter l’expertise historique et architecturale du chantier de rénovation mené sur le site de Richelieu, les archives de la BnF ont entrepris la numérisation de ses plans, désormais disponibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la la BnF. Il est ainsi possible de naviguer virtuellement dans les dessins qui ont donné naissance à l’une des cathédrales du savoir.
Pour en savoir plus
- Visiter virtuellement la salle Labrouste sur le site bnf.fr
- Retrouver l’exposition Labrouste sur le site de la Cité de l’architecture et du patrimoine
- Exposition Erik Desmazières dans la galerie des donateurs du site Tolbiac
- Retrouver l’exposition “Victor Baltard. Le fer et le pinceau“ au Musée d’Orsay
Sources des images : Gallica
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2012/10/labrouste-architecte-de-la-salle-des-imprimes/trackback/
Commentaires (1)









musard
31 octobre 2012 à 10:56Blatard ? Bis repetita diabolicum.