Manifestations

Mise en texte de traces orales

7 décembre 2012

Le blog des lecteurs de la BnF est fréquemment utilisé comme moyen de valorisation en amont de diverses journées d’études organisées au sein de la Bibliothèque nationale de France. Quelles traces laissent ces événements qui se déploient dans l’oralité ?

  • La reproduction mécanique de l’oral
Disque analogique de la Collection des Archives de la Parole

Disque analogique de la Collection des Archives de la Parole

Rien de plus facile aujourd’hui que de conserver des traces de l’oralité, comme celles laissées lors de journées d’études, colloques, interventions d’écrivains invités (la prochaine sera d’ailleurs une rencontre avec Michel Houellebecq et Catherine Millet pour les 40 ans de la revue ArtPress le 13 décembre 2012 à 18:00), et qui sont, pour la Bibliothèque, autant de réminiscences de ce que pouvaient être les salons littéraires du XVIIIe siècle. Il y a d’abord une trace officielle de ces événements à travers les enregistrements vidéos qui sont diffusés sur le site en ligne ou via iTunes U d’Apple et conservés au département Audiovisuel dont l’origine remonte, ne l’oublions pas, aux Archives de la parole. Il y a ensuite tous les enregistrements que peut effectuer le public avec les appareils nomades dont il dispose, du dictaphone au smartphone et que l’on peut retrouver sur Youtube.

  • La transcription écrite de l’oral

Mais nombreux sont encore les personnes qui prennent des notes lors de ces événements, ce qui pose le problème de la transcription de l’oralité. C’est aussi un indice de plus qui montre que les nouvelles technologies ne se substituent pas aux anciennes : la reproduction mécanique de la parole n’a pas remplacé la prise de notes, mais s’est ajoutée comme strate supplémentaire des traces de l’oral. Lors d’une conférence à l’occasion du dernier Salon du livre des sciences humaines fin novembre, en partenariat avec la fmsh, Roger Chartier, président du Conseil scientifique de la BnF, recensait trois techniques de transcription de l’oralité :

Traddles exerçant David Copperfield à la sténographie devant la tante Betsey et Mr. Dick

Traddles exerçant David Copperfield à la sténographie devant la tante Betsey et Mr. Dick

- la copie sous la dictée, aujourd’hui limitée au contexte scolaire ou télévisuel (la Dictée de Bernard Pivot) ;

- la reconstruction mémorielle, à l’origine de nombreuses copies pirates du texte de pièces de théâtre apprises par cœur par des spectateurs assidus, par exemple pour certaines pièces de Molière ;

- la méthode sténographique utilisée dans un contexte professionnel (secrétariat), journalistique (David Copperfield) ou à des fins de codage (journal secret de William Byrd (1674-1744)), mais tombée aujourd’hui en désuétude.

La transcription de la parole n’est pas seulement un enjeu académique ou littéraire, c’est un enjeu politique, lorsqu’il s’agit de transcrire la parole des discours prononcés dans les assemblées (assemblées révolutionnaires, Chambre des députés ou Assemblée Nationale, Sénat) avec certains journaux qui s’en font une spécialité comme le Logographe. Au-delà de cette parole officielle des assemblées, Vincent Auriol a voulu conserver des archives orales de ses consultations en enregistrant tout ce qui se déroulait dans son bureau et ces archives ont par exemple été utilisées par Georgette Elgey comme sources de son Histoire de la Quatrième République. Aujourd’hui, la BnF conserve également des archives orales de certains de ses professionnels pour servir la mémoire et l’histoire de l’établissement.

Photos : Gallica et Wikimedia Commons

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2012/12/mise-en-texte-de-traces-orales/trackback/

 

Laissez un commentaire