Manifestations

Roumanie mania : la Roumanie filmée par les Roumains

14 mars 2013

Après le marasme de la dictature, puis la transition vers la démocratie, les Roumains sont aujourd’hui libres de circuler et de s’exprimer mais restent, pour l’historien Ovidiu Pecican, prisonniers du mépris pour leur langue et leur culture.

Malgré de nombreux auteurs partis s’exiler, la nouvelle vague du cinéma roumain donne depuis quelques années une soudaine visibilité, à un pays où les spectateurs et les écrans se raréfient dangereusement.

L’occasion de découvrir notamment une forme d’auto-dérision très créative, et de questionner le rôle si particulier des images produites en Roumanie, de la propagande au regard implacable de la nouvelle génération.

La Roumanie est le pays invité au Salon du livre 2013 de Paris.

Autobiografia lui Nicolae Ceausescu © Andrei Ujica

Autobiografia lui Nicolae Ceausescu d'Andrei Ujica

  • C’était Ceaușescu

Pendant le règne de Nicolae Ceaușescu (1965-1989), les Roumains racontaient des blagues pour exorciser la dureté de la dictature. En voici une rapportée par Mirel Bran : “Le socialisme est une chambre dans laquelle il y a un chat noir qu’il faut chercher et trouver. Le “socialisme multilatéralement développé” - concept cher à feu au dictateur - est une chambre noire dans laquelle il y a un chat noir qu’il faut chercher et trouver. Enfin, le communisme est une chambre noire qui n’enferme aucun chat noir mais qu’il faut chercher et trouver. Au temps de la dictature, les blagues étaient une échappatoire pour l’imaginaire collectif roumain.”

  • Chroniques roumaines

Chroniques roumaines dresse le portrait d’une poignée de Roumains d’aujourd’hui : Roumains de l’intérieur, paysans, musiciens tsiganes ou simples citoyens restés au pays ; Roumains de l’extérieur partagés entre l’exil et la nostalgie, entre présent et passé.

4 luni, 3 saptamâni si 2 zile © Cristian Mungiu

4 luni, 3 saptamâni si 2 zile de Cristian Mungiu

  • Noul val românesc

Apparue dans les année 2000, la nouvelle vague du cinéma roumain cultive un regard à la fois implacable et amusé sur le quotidien des Roumains d’aujourd’hui. Comme le note Vasile Dâncu, des réalisateurs comme Cristian Mungiu ou Cristi Puiu “n’ont pas grand public dans une Roumanie incapable de se regarder dans la glace. Ils sont, comme des millions d’autres Roumains, exilés dans un Occident qui les célèbre un jour, pour les laisser retomber dans l’indifférence le lendemain, et s’enfoncer dans le drame d’un pays d’Europe qui ne parvient pas à sortir de cette agonie tchékhovienne que nous appelons transition.”

  • Il était une fois en Transylvanie

La Transylvanie est cette région montagneuse de la Roumanie qui évoque immédiatement le légendaire vampire suceur de sang. Attesté dès le XVIIIe siècle par les autorités autrichiennes en Serbie, le vampire est popularisé le siècle suivant par des romanciers comme John Polidori, et surtout Bram Stoker. Le personnage de Dracula traverse l’histoire du cinéma sous les traits du Nosferatu de Friedrich Murnau (1922), de Bela Lugosi et Christopher Lee, avant d’être réemployé par Roman Polanski dans Le bal des vampires (1966), puis magnifié depuis le Dracula de Francis Ford Coppola (1992).

  • Où ?

Bibliothèque nationale de France, site F.-Mitterrand
salle B, C, D, J ou G du mardi au samedi de 10 h à 20 h et le dimanche de 13 h à 19 h

  • Pour en savoir plus

Actualités du département de l’Audiovisuel

Julien Farenc (BnF)
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Source des images
4 luni, 3 saptamâni si 2 zile de Cristian Mungiu

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