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Pierre Mauroy à la BnF

11 juin 2013

Premier ministre de 1981 à 1984, suite à l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, Pierre Mauroy, âgé de 84 ans, est décédé le 7 juin. A l’occasion de sa disparition, une sélection d’ouvrages et d’articles disponibles à la BnF permettent de revenir sur l’ensemble de sa carrière politique.

« Entré en socialisme comme on entre en religion » ainsi qu’il aimait à le dire, c’est dès 1945, à l’âge de 17 ans, qu’il adhère aux Jeunesses socialistes du Nord. Fils d’instituteur, il devient professeur de l’enseignement technique, tout en accentuant son implication au sein de la SFIO dont il devient secrétaire général adjoint en 1966. A partir de 1971, il se rapproche de François Mitterrand et l’appuie lors du Congrès d’Epinay pour prendre la direction du Parti socialiste.

Sous l’égide de ce dernier, il est l’homme des grandes réformes sociales qui marquent  l’arrivée de la gauche au pouvoir pour la première fois sous la Ve République : cinquième semaine de congés payés, passage aux 39 heures, abolition de la peine de mort, etc. Mais c’est aussi sous son gouvernement que fût adopté le tournant de la rigueur à partir de 1983, afin d’ancrer la France dans le système monétaire européen. Après sa démission en juillet 1984, il ne prend pas pour autant sa retraite politique : il est nommé premier secrétaire du PS en 1988, poste qu’il quittera en 1992.

C’était par ailleurs un élu fortement attaché à sa région : maire de Lille pendant 28 ans, président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais  puis président de la Communauté urbaine de Lille jusqu’en 2008, date à laquelle il abandonne son dernier mandat local. En 2011, il se retire également de la scène politique nationale en laissant son mandat de sénateur.

Dans Le double septennat de François Mitterrand : dernier inventaire, Jean-Marie Colombani et Hugues Portelli dressent, sous la forme d’un lexique, le bilan des quatorze années de la présidence Mitterrand. Les entrées thématiques de l’ouvrage permettent de revenir sur les différents axes de la politique mitterrandienne auxquels Pierre Mauroy a largement contribué de 1981 à 1984 : la décentralisation, la politique d’immigration, etc.

Pour mieux appréhender la place occupée par Pierre Mauroy au sein de sa famille politique, les lecteurs pourront consulter avec profit l’Histoire du Parti socialiste de Louis Mexandeau. Dans les derniers chapitres de cet ouvrage, l’auteur présente une analyse des années de refondation du Parti socialiste à partir de 1969, le rôle joué par Pierre Mauroy dans ce processus et en particulier le soutien déterminant qu’il a apporté, avec l’aide de la puissante fédération socialiste du Nord-Pas-de-Calais, à la nomination de François Mitterrand à la tête du parti. L’ouvrage d’Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, L’ambition et le remords : les socialistes français et le pouvoir (1905-2005) revient quant à lui sur les prises de position de Pierre Mauroy au sein du Parti : sa volonté d’accentuer l’autonomie du PS par rapport au PC dans les années 1970, les compromis idéologiques nés de l’exercice du pouvoir mais aussi son désir de reposer les fondements du socialisme réformiste lorsqu’il fût nommé Premier secrétaire à la fin des années 1980.

Dans l’ouvrage, La Vie quotidienne à Matignon au temps de l’Union de la gauche, le journaliste politique Thierry Pfister raconte son passage à Matignon en tant que conseiller de Pierre Mauroy lors des trois gouvernements successifs que celui-ci a formé. Il décrit les relations et les rapports de force entre le Président de la République et son Premier ministre, notamment lors des crises qui ont secoué le premier septennat de François Mitterrand.

Enfin, dans un article du Monde en date du 7 juin dernier, consacré à la disparition de Pierre Mauroy, Michel Noblecourt retrace le parcours politique de ce fervent partisan de la social-démocratie. Cet article est disponible grâce aux bases de données de presse en ligne Europresse et Factiva. Ces bases sont accessibles sur les postes informatiques des salles de lecture de la BnF.

Pierre Mauroy a également publié plusieurs écrits autobiographiques : Héritiers de l’avenir en 1981, C’est ici le chemin en 1982, Paroles de Lillois, en 1994 et Ce jour-là en 2012.

Photo : Wiki Commons / Bundesarchiv, Bild 183-1990-0207-031 / Grimm, Peer / CC-BY-SA

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