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Appel à communications : « Passages à Paris. Artistes étrangers à Paris, de la fin du XIXe siècle à nos jours »

5 juillet 2013

Un appel à communications est ouvert aux étudiant-e-s, chercheurs / chercheuses pour le colloque international organisé dans le cadre du Labex Création, Arts et Patrimoines (CAP), qui se tiendra les 6-7 novembre 2013 à Paris, INHA, salle Vasari.

Il est organisé par Fanny Drugeon (chercheuse associée au Labex Cap / Musée national d’art moderne-Centre Pompidou et HiCSA/Université Paris I), Pauline Chevalier (maître de conférences, Esthétique et Histoire des arts, Université de Franche-Comté, Besançon) et Alain Bonnet (professeur d’Histoire de l’art, Université Pierre Mendès France – Grenoble 2).

Les propositions de communication (en français ou en anglais), sous la forme d’un titre, d’un résumé de 1500 signes et d’un court CV, doivent être envoyées avant le 1er septembre 2013 à passages.paris@gmail.com

L’avis du comité scientifique sera communiqué à partir du 10 septembre 2013.

Mouvements migratoires, déplacements de population, échanges transfrontaliers ont toujours été de fréquents sujets de recherche en histoire (cf. Antoine Marès, Pierre Milza ou Michel Espagne et Michael Werner). L’histoire de l’art ne s’est intéressée à ce domaine d’études que tardivement en France. Le rôle joué par la circulation des artistes dans le développement des courants stylistiques, dans la constitution de réseaux de sociabilité, dans les transferts culturels, retient aujourd’hui l’attention des chercheurs (cf. Béatrice Joyeux-Prunel ou France Nerlich). Cette question prend tout son sens lorsque l’on s’attarde sur le « passage » des artistes dans un lieu donné, en l’occurrence à Paris. Les sursauts historiques, de la colonisation à la décolonisation, les luttes de libération nationale, ou encore l’oppression des dictatures, et du communisme à l’Est, ont généré d’importants mouvements de circulation des artistes et des intellectuels à travers le monde. « Penser ailleurs » est devenu un leitmotiv de la modernité (cf. Nicole Lapierre) et a contribué à forger l’identité des avant-gardes parisiennes au début du XXe siècle. Réciproquement, le « passage à Paris », la formation dans la capitale, ont su marquer plusieurs générations d’artistes venus à la rencontre d’un mythe ou d’une communauté, en quête d’une filiation artistique par l’ancrage géographique dans la capitale française. Ces séjours constituent souvent des étapes majeures dans la vie des artistes à des moments clés de leur carrière, du parcours obligé de formation au fantasme de modernité.

Ce colloque pluridisciplinaire souhaite interroger les raisons, les conditions et les conséquences éventuelles de ces séjours décisifs d’artistes étrangers à Paris, dans une optique tout à la fois politique, esthétique, sociologique et artistique. Il cherche à analyser notamment les échanges induits entre artistes, critiques, galeristes, collectionneurs, les mutations éventuelles des origines géographiques ou le terrain socio-politique qui a pu favoriser ou être le catalyseur d’une circulation allant parfois à l’inverse de modèles communément admis. Seront particulièrement mises en valeur les formes de transferts culturels encore méconnues et la constitution de communautés transnationales, notamment avec des artistes venant d’aires géographiques qui tendent à trouver une place croissante dans l’historiographie actuelle (Amérique Centrale et Amérique du Sud, Afrique, Europe de l’Est).
La prise en compte de ces passages et de leurs retombées concourt à modifier les grands récits historiques, déplaçant notamment le débat artistique qui tend à opposer directement Paris et New York. Elle renouvelle notre compréhension de la mise en pratique des théories et des valeurs esthétiques.

AXES DE RECHERCHE
Les communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs axes suivants :

1. LA PERSISTANCE DU MYTHE DE LA VILLE-LUMIÈRE
Si la capitale parisienne perd une partie de son aura internationale à partir du milieu du XXe siècle, les artistes étrangers ne cessent pas pour autant d’y séjourner et de venir s’y former. Ils essaient parfois de retrouver l’image d’un Paris révolu, contribuant à nourrir un mythe : celui de Paris « capitale de la modernité » (cf. Walter Benjamin , David Harvey, Patrice Higonnet). Comment l’image de Paris a-t-elle évolué depuis la fin du XIXe siècle ? Quels décalages chronologiques ou anachroniques ont pu s’installer au cours du XXe siècle ? Il s’agira de comprendre comment la capitale a été perçue selon les différents contextes artistiques et intellectuels nationaux. Dans quelle mesure l’ancrage géographique à Paris a-t-il été associé à la construction d’une filiation artistique, notamment avec les avant-gardes du début du XXe siècle, même plusieurs décennies après ? Quels sont les fantasmes et utopies que contribuent à forger ou à déconstruire les artistes venus à Paris ? Il sera aussi nécessaire de s’intéresser plus particulièrement aux vecteurs de transmission du mythe : la presse, les correspondances d’artistes, la littérature ou encore le cinéma.

2. LA VIE D’ARTISTE À PARIS
Les séjours à Paris mettent en lumière la constitution de réseaux de sociabilité. En lien avec les recherches en cours (les travaux sur les échanges France-Allemagne menés par France Nerlich, France-États-Unis par Eric de Chassey, ou le projet ARTL@S de Béatrice Joyeux-Prunel), cet axe s’étend de l’espace intime de l’atelier à la dimension mondaine, incarnée par les salons, les galeries et d’autres espaces de sociabilité.
Les lieux de formation - ateliers et écoles – attestent de la présence permanente d’artistes étrangers. Comment se sont-ils ouverts à ces artistes et comment certains ont-ils su accueillir plusieurs générations d’exilés et d’artistes voyageurs ? Les communications pourront s’intéresser plus particulièrement à ces lieux prisés par les artistes étrangers et à leur intégration au sein d’une communauté artistique cosmopolite. L’atelier comme espace politique, ou au contraire a-politique, pourra être étudié afin de mieux saisir les enjeux des relations et des brassages intellectuels opérés en leurs seins.
Les lieux de formation ne pouvant se réduire aux ateliers et aux écoles, pourront être envisagés les lieux de sociabilité, galeries, salons de mécènes, ou encore quartiers parisiens qui constituèrent en eux-mêmes un « milieu » de formation, un théâtre de l’éducation artistique qui devra être pris en compte et pourra aboutir à la constitution d’une cartographie artistique parisienne.

3. L’EXPÉRIENCE DE PARIS – PARCOURS INDIVIDUELS ET COMMUNAUTÉS
Outre un attrait pour la « capitale de la modernité », une des raisons de l’exil parisien correspond à une quête de la vie d’artiste à Paris, une vie fantasmée, celle de la bohème que certains viendront chercher jusque dans les années 1980. Leur installation à Paris s’est souvent faite grâce à l’implantation de différentes communautés nationales depuis plusieurs générations. Comment ces réseaux nationaux se sont-ils développés à Paris ? Les attitudes des communautés nationales entre brassage culturel, dépaysement et repli nostalgique, pourront être étudiées dans leurs nuances et leurs spécificités.
Au delà des grandes figures d’exilés s’établissant à Paris et y développant l’essentiel de leur carrière, nombreux sont les artistes qui transitèrent par la capitale et développèrent une relation singulière avec la ville, ses institutions, ses communautés artistiques. Certains y trouvèrent un refuge politique, fuyant par exemple la dictature – l’exemple du soutien de l’État aux artistes et intellectuels grecs fuyant le régime des Colonels en est un parmi d’autres – ou encore un refuge artistique quand d’autres cherchent à sortir de courants artistiques nationaux qu’ils considèrent comme oppressants – ce fut en partie le cas de Nancy Spero et Leon Golub quittant les États-Unis. Il ne s’agira certainement pas de faire d’un parcours individuel une exemplarité, mais plutôt de saisir l’intrication des motifs personnels, artistiques, politiques, nationaux, amenant certains artistes à Paris.

4. LE PARIS INSTITUTIONNEL ET LES ARTISTES ÉTRANGERS
L’étude des modalités d’installation des artistes étrangers à Paris témoigne de l’existence de réseaux institutionnels assurant un soutien financier, mais aussi de lieux de résidence et d’exposition, de possibilités d’acquisition des œuvres, etc. Comment les collections publiques françaises ont-elles pu bénéficier de la présence des artistes étrangers à Paris ?
De plus, l’État a régulièrement soutenu et financé les séjours d’artistes, notamment dans le cas d’exils politiques. Quelles furent ces modalités de soutien et quel impact ont-elles eu sur la scène artistique française ? Parallèlement, les autorités étrangères ont également soutenu ces séjours. Quels réseaux de collaborations internationales se mettent alors en place et quelles en sont les implications esthétiques, juridiques ou politiques ?
L’ouverture des institutions parisiennes aux artistes étrangers passe également par la presse, et la critique : pourront être étudiés les facteurs de réception et les écrits critiques témoignant d’un intérêt – ou d’un rejet – pour ces artistes et pour une « poétique du divers ». Les attentes des institutions et le regard du public et de la presse à l’égard du cosmopolitisme parisien seront à envisager à travers l’étude des collections publiques, mais aussi du mécénat privé et de la presse spécialisée.

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Commentaires (3)

  1. >> Un appel à communications est ouvert aux étudiant-e-s, chercheurs / chercheuses

    C’est quoi ce français à la mode syndicale ?

    L’appel est ouvert aux étudiants et étudiantes, si vous tenez absolument à apporter cette précision, mais “étudiant-e-s” ce n’est pas français.

    Et pourquoi “étudiant-e-s” et pas “chercheurs-euses” ?

    Autant pousser le ridicule jusqu’au bout

  2. Bonjour,
    Merci pour ces précisions sur la langue française.
    L’essentiel de ce billet est néanmoins un copié/collé de cette page : http://hicsa.univ-paris1.fr/page.php?r=3&id=631&lang=fr
    Cordialement,
    L’équipe du blog

  3. Plutôt que de faire de l’ironie, il aurait été préférable de corriger le texte, monsieur copié-collé.

 

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