Mécénat

Le tatouage : pratique populaire ou artistique ?

12 août 2013

Sur les quais de Paris livrés aux paillotes et autres installations estivales, comme sur le quai François Mauriac aux pieds de la Bibliothèque, les corps dévoilent et mettent en mouvement leurs tatouages. Au même moment, une exposition - encore pour quelques jours - fait retour sur cette pratique du tatouage qui se trouve de plus en plus investie par la recherche en histoire de l’art.

En Occident, le tatouage, dont la pratique a longtemps véhiculé une image infamante, spécialement associée aux durs à cuire (marins, prisonniers, légionnaires), s’est généralisé à partir des années 60 dans les groupes de contre-culture (hyppies). Depuis les années 2000, le tatouage revendique une place dans le monde de l’art. L’exposition HEY ! de la Halle Saint-Pierre tend à l’y inscrire, tout en le maintenant dans les marges. Une place qui reste encore difficile à trouver…

Les recherches en histoire de l’art se penchent sur cet objet culturel qu’est le tatouage. La Bibliothèque a par exemple accueilli en 2011-2012 Luc Renaut, chercheur invité de la Fondation L’Oréal à la BnF. Ses recherches étaient soutenues par le mécénat de la Fondation L’Oréal dans le cadre des bourses offertes chaque année aux chercheurs invités de la BnF au moment du lancement de l’appel à chercheur, comme au printemps de cette année. Actuellement maître de conférences en histoire de l’art à l’Université Pierre Mendès-France, la Fondation L’Oréal lui a permis de travailler la question de l’invention du tatouage, de ses représentations et de ses appropriations par l’Occident entre les XVIIIe et XIXe siècles.

Ses recherches se sont concentrées sur les origines et les premiers développements du tatouage occidental. Pour ce chercheur :

En Occident, le monde anglo-saxon dispose d’une longueur d’avance dans la collation et l’analyse des sources.

Il existe par conséquent de fait une exclusivité anglo-saxonne des études sur les origines du tatouage occidental qui se trouvent liées aux pratiques de tatouage qui avaient cours dans les terres de l’Empire britannique. Son travail a ainsi pu combler en partie le retard accumulé, grâce à une étude des sources francophones. Un corpus de plus d’une centaine de clichés, issus de repérage dans les sources iconographiques de la Bibliothèque, a notamment été constitué.

  • Pratique

« HEY ! MODERN ART & POP CULTURE/PART II » à la Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard, Paris 18e. Tél. : 01 42 58 72 89.
Du lundi au vendredi de 12 heures à 18 heures, fermé le week-end. Entrée : de 6,5 à 8 €.
Jusqu’au 23 août.
www. hallesaintpierre.org

Photo : Flick’r, Air Tahiti Nui, CC

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