Le numérique

De l’Open access à la science participative : un enjeu démocratique

23 octobre 2013

Cette semaine du 21 octobre est celle de l’open access week, un événement mondial destiné à promouvoir la publication scientifique ouverte et à vaincre un certain nombre de frilosités dont il a déjà été fait écho dans ce blog.

Lors d’une conférence inaugurale pour présenter l’Open access, Hervé le Crosnier (@hervelc), enseignant chercheur sur les technologies de l’internet, a mis l’accent sur quatre points.

Le premier est celui du modèle de rédaction des articles. Dans la recherche contemporaine, une organisation scientifique du travail scientifique est à l’œuvre, conduisant à un formatage de ce travail : nécessité de publier, recherche d’un high factor, … En publiant en Open access, les chercheurs ne s’adressent plus seulement à leurs pairs. L’horizon des lecteurs s’élargit, et le contenu même de la publications scientifique en est affecté. L’article publié en Open access s’adresse à des nouveaux entrants dans la communauté scientifique et élargit les frontières disciplinaires. Par exemple, les publications dans PLOS remettent en cause le découpage scientifique traditionnel.

Le second est celui des politiques scientifiques. Les chercheurs sont-ils libres de leurs approches scientifiques ? Les appels d’offres tels que ceux de l’Agence nationale de la recherche définissent un ordre du monde dans lequel le scientifique essaie de rentrer. Or le public reste absent de cette définition, notamment dans le domaine des études en toxicologie environnementale où il a intérêt à s’exprimer.

Le troisième enjeu est celui de la vulgarisation scientifique. Open access ne signifie pas accès du large public aux résultats de la recherche. Dans une société démocratique, il y a des corps intermédiaires. La communauté scientifique en constitue par exemple un. L’idée de l’Open access n’est donc pas celle d’un accès de tous mais d’une communauté. Cette communauté peut irriguer le public à travers un travail de vulgarisation. Wikipedia en est le meilleur exemple. C’est le sixième site le plus visité de France (source : médiamétrie).

Enfin, l’Open access est le moyen de construire une science participative. Le public recueille les données de la science, participe à la publication scientifique et réutilise le savoir. Les exemples de ce type de démarche sont nombreux : boutiques de sciences, sélection participative des semences entre l’inra et les agriculteurs, développement du logiciel libre, démarche de la crirad.

Tout cela montre l’intérêt indéniable des citoyens pour la science. Quelle place la science est-elle prête à accorder aux citoyens ? Comment utiliser l’Open access pour agir sur la société ? Autant de questions dont les réponses décrivent un nouvel ordre démocratique.

  • En savoir plus

Le portail des publications en Open access de la BnF

Le site de l’Open access week

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Commentaires (3)

  1. Bonjour,
    Ces 4 aspects de l’open access me paraissent vraiment être les points forts qui peuvent convaincre les reluctants de l’open access comme les doctorants anglais dont parle de JISC. L’open access est un levier d’archimède pour la vulgarisation du savoir !

  2. Bonjour à tous,
    Je suis un chercheur sérieux et je pense avant tout à ma carrière. Ce qu’il me faut, c’est publier dans une revue qui a le meilleur facteur d’impact possible. L’open access n’est donc pas la meilleure opportunité pour moi. C’est surtout une opportunité pour les bibliothèques qui n’ont plus de budget…

  3. Bonsoir. On a déjà des des retours sur l’impact qui a résulté de cette semaine dédiée à la publication scientifique ? En terme de chiffre ou d’engagement ?

 

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