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[Actualités audiovisuelles] La vie musicale pendant la Grande Guerre

6 mai 2014

À la veille de la Grande guerre, la vie culturelle européenne connaît une effervescence importante.

Dans de nombreux domaines, se confrontent tradition et avant-garde : le réalisme et le surréalisme dans la littérature, l’impressionnisme, l’art nouveau, le cubisme dans les arts visuels, le post romantisme et l’avant-garde dans la musique.

La vie musicale est particulièrement active à Paris, où se rassemblent des compositeurs et musiciens venus des quatre coins du monde. Au printemps 1914, les mélomanes ont l’occasion d’applaudir un cycle wagnérien au théâtre des Champs-Élysées. En juin 1914, siège dans la capitale française le 5e congrès de la Société internationale de musique. Il réunit durant deux semaines de nombreuses personnalités européennes autour de l’histoire et l’esthétique de la musique classique.

C’est au milieu de cette effervescence qu’éclate une guerre qui va mobiliser cinquante millions de soldats.  Dans tous les pays belligérants, de nombreux compositeurs et musiciens ont participé au conflit, abandonnant la composition, leur orchestre ou leur conservatoire pour rejoindre les rangs.

  • Compositeurs mobilisés

Certains sont mobilisés dans les tranchées. C’est notamment le cas de l’Autrichien Fritz Kreisler, des Français Reynaldo Hahn, André Caplet et Lucien Durosoir. Ralph Vaughan Williams s’engage comme brancardier volontaire, puis comme artilleur dans l’armée britannique. L’Autrichien Arnold Schoenberg sert à l’arrière. D’autres sont affectés dans les services automobiles chargés d’acheminer troupes et matériels  sur le front, comme ce fut le cas de Maurice Ravel et d’Albert Roussel. D’autres enfin servent dans les forces marines comme Jacques Ibert et Jean Cras.

Certains ont été les victimes collatérales de ce conflit : le compositeur français Albéric Magnard meurt le 3 septembre 1914 en tentant de repousser une attaque allemande visant son manoir dans l’Oise. Enrique Granados, de retour d’une tournée aux États-Unis, meurt noyé le 24 mars 1916, suite au torpillage, par un sous-marin allemand, du navire qui le ramenait vers l’Espagne.

Pour les compositeurs trop âgés ou réformés pour des questions de santé, la créativité musicale va parfois s’exprimer dans la floraison d’œuvres patriotiques, de musique de deuil, mais aussi dans les nouvelles sonorités du jazz apportées par les troupes américaines.

  • Répertoire de guerre

Dans les capitales, les orchestres se réorganisent en fusionnant avec d’autres et constitués du reliquat des musiciens non mobilisés. À Paris, les programmes des concerts excluent la musique germanique et sont tirés des répertoires français, anglais et russe. La Marseillaise clôt tous les concerts.

Contrairement à Paris, Londres n’interdit pas l’exécution d’œuvres de compositeurs allemands et autrichiens. À Bruxelles, capitale occupée vit au rythme de l’Allemagne. Les programmes musicaux sont supervisés par la censure militaire qui impose les œuvres de Wagner. En Allemagne, la vie musicale tourne au ralenti ; les orchestres sont réduits par manque de musiciens ; les programmes privilégient un répertoire tourné vers l’exaltation patriotique.

Pendant la Grande guerre, la musique donne du courage aux combattants, réconforte les blessés et les familles meurtrie et permet d’oublier un temps les atrocités vécue. Elle devient aussi le lieu même de considérations esthétiques et de confrontations violentes entre intellectuels et artistes.

  • Où ?

Bibliothèque nationale de France, site F.-Mitterrand
Sur tous les écrans audiovisuels du Haut-de-jardin

du mardi au samedi de 10h à 20h et le dimanche de 13h à 19h
entrée gratuite à partir de 17h

—–
Julie Devanz-Fiorini (BnF)

Source des images : Ravel en soldat, 1916 - Gallica, Bibliothèque nationale de France

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