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Décès de Gary Becker, prix Nobel d’économie 1992

7 mai 2014

Gary Becker May en 2008

Gary Becker en 2008

À l’occasion de sa disparition à 83 ans le 3 mai 2014 à Chicago, découvrez dans les salles de lecture du département Droit, économie, politique (en salle D pour la Bibliothèque du Haut-de-jardin et en salle N pour la Bibliothèque de recherche) une sélection d’œuvres de Gary Stanley Becker, qui obtint en 1992 le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel (couramment appelé « Nobel d’économie »).

Il utilisait l’économie pour étudier la criminalité, les discriminations, les addictions ou la famille, passant ces domaines au crible des gains ou des coûts pour les individus. Ses recherches, longtemps controversées car considérées comme hors du champ de l’économie, sont aujourd’hui à la base de la microéconomie.

En 1957, avec le livre issu de sa thèse The Economics of discrimination (à la BnF dans l’édition de 1965), il introduit dans sa réflexion une variable de préférence pour la discrimination afin d’expliquer les gouvernements. Son hypothèse est que les individus augmentent souvent le coût de leurs transactions lorsqu’elles ont lieu avec une minorité qu’eux-mêmes discriminent. Sa théorie soutient que la concurrence réduit la discrimination observée sur le marché, car les entrepreneurs ayant une préférence forte pour la discrimination subiront les coûts les plus importants et seront éliminés du marché par les entreprises moins coûteuses (discriminant moins).

La théorie de Becker sur le capital humain, issue de son ouvrage de 1964 Human capital, a theoretical and empirical analysis, with special reference to education, a servi de base pour développer l’idée d’une possible augmentation du capital humain au cours du temps. Longtemps controversées, ces recherches sont aujourd’hui au fondement de la microéconomie.

Son intérêt pour l’économie du crime remonterait à une occasion où, en retard, il dut choisir entre perdre du temps pour payer une place de parking et risquer une amende en se garant illégalement et fit rationnellement le choix du « crime ». L’hypothèse de Becker est ici que les criminels font ces mêmes calculs rationnels, ce qui allait contre les idées traditionnellement admises selon lesquelles le crime était le résultat d’un certain état de maladie mentale et de pression sociale. L’article fondateur de cette approche reste son article de 1968, « Crime and punishment : an economic approach », réuni en 1974 avec des contributions d’autres auteurs dans le volume Essays in the economics of crime and punishment.

A Treatise on the family (dernière édition en 1991) rassemble ses idées sur la famille. Ses recherches sur le capital humain ont mené Becker à s’intéresser au rôle de la famille dans la formation de ce capital. Ainsi, le marché du mariage, le divorce, le taux de fécondité sont devenus des variables que l’on peut expliquer grâce à ce modèle. Pour lui, les décisions touchant ces comportements peuvent être expliquées dans le cadre conceptuel des coûts et gains marginaux. Par exemple, un de ces résultats est que les couples riches ont des coûts de divorce plus élevés et donc un taux de divorce plus faible.

Deux mois avant sa mort, Il publiait encore un billet sur le blog qu’il tenait avec Richard A. Posner, The Becker-Posner blog, dont une sélection d’articles fut réunie en 2009 sous le titre Uncommon sense : economic insights, from marriage to terrorism.

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Article « Gary Becker » dans l’encyclopédie Wikipédia

Photo : Wikimedia / The Commons

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