Choix du bibliothécaire

[Actualités audiovisuelles] Les livres audio racontent la Grande Guerre

25 juin 2014

La guerre de 1914-1918 a suscité un nombre considérable d’écrits de toutes sortes (lettres, journaux, récits, romans…) et demeure un matériau littéraire important. Mais peu de livres évoquant la Grande guerre figurent aujourd’hui dans la production éditoriale de livres lus en France.

À l’occasion du centenaire de la première année de guerre, treize titres qui illustrent bien les façons contrastées de s’emparer de ce conflit à travers l’écriture, sont proposés sur les postes audiovisuels du Haut-de-jardin.

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée… (Guillaume Apollinaire)

Les soldats écrivent énormément (les lettres sont souvent quotidiennes), et si Guillaume Apollinaire et les poèmes de ses Lettres à Lou écrites de 1914 à 1915 passent à la postérité, des dizaines de recueils d’”anonymes”, précieusement conservés ou découverts par leurs descendants seront édités par la suite. Ainsi, la correspondance d’Anatole Castex, jeune capitaine au 288 RI avec Alain-Fournier, affecté dans les régions de Verdun et Reims d’août 1914 à septembre 1916, a été retrouvée et éditée en 1980 par son fils Raymond Castex sous le titre Verdun, années infernales. En 1998, pour fêter les quatre-vingts ans de l’armistice, Radio France demande à ses auditeurs d’envoyer des lettres du front qui seront ainsi lues à l’antenne, puis présentées en version papier sous le titre Paroles de poilus.

Les écrivains qui ont vécu les tranchées veulent eux aussi témoigner de leur expérience et publient leurs récits, comme Roland Dorgelès avec Les Croix de bois paru en 1919 ; le succès est immédiat.
Marcel Proust, dégagé des obligations militaires pour raisons de santé, reste à Cabourg et évoquera cette époque dans Le temps retrouvé, quatrième partie d’Á la recherche du temps perdu.
Quand en 1923 le jeune Raymond Radiguet choisit le cadre de cette guerre pour raconter dans Le diable au corps une histoire d’amour entre un adolescent et l’épouse d’un soldat au front, le roman fait scandale. La même année, Jean Cocteau imagine son Thomas l’imposteur.

Abattoir international en folie (Louis Ferdinand Céline)

Les années trente révèlent des auteurs plus distanciés dans leur approche du conflit : le roman de l’Allemand Erich-Maria Remarque, Á l’Ouest rien de nouveau, publié en 1929, marque les esprits du monde entier. De même, Louis-Ferdinand Céline, et son Voyage au bout de la nuit (1932) suscite de vives réactions dans le milieu littéraire mais est un succès de librairie.
Puis, le sujet de la Seconde Guerre mondiale prend le pas sur la “der des ders” dans la production littéraire des Trente glorieuses.

Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état (quatrième de couverture de “14“)

À mesure que les témoins disparaissent, les nouveaux écrivains de la dernière partie du XXe siècle s’intéressent à nouveau à cet épisode de l’histoire mondiale pour s’y nourrir et enrichir leur univers. Parmi eux, en 1991, Sébastien Japrisot raconte Un long dimanche de fiançailles. Philippe Claudel, dans Les âmes grises (2003), recrée le Nord de la France de décembre 1917 pour y faire évoluer l’enquête autour du meurtre d’une petite fille.

Jean Echenoz, dans 14 paru en 2012, met en scène le destin de cinq hommes mobilisés. En 2013, le prix Goncourt est attribué à Au-revoir là-haut, de Pierre Lemaitre.

  • Où et quand ?

Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand
Sur tous les écrans audiovisuels du Haut-de-jardin

  • Pour en savoir plus

La Grande Guerre dans les littératures

Agnès Gallois-Cheillan (BnF)

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Source de l’image : Gallica, Périscope de tranchées en 1ere ligne [soldat utilisant l'appareil], 1915

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