Choix du bibliothécaire

Hommage à Claude Michel Cluny

22 janvier 2015

Jalel El Gharbi, Claude Michel Cluny. Des figures et des masques (La Différence, 2005)

Jalel El Gharbi, Claude Michel Cluny. Des figures et des masques (La Différence, 2005)

Claude Michel Cluny, disparu le 11 janvier 2015, aura pratiqué presque toutes les formes d’écritures : poète, romancier, nouvelliste, essayiste, critique, diariste, historien ; il fut aussi éditeur.

Né en 1930 dans les Ardennes françaises, il commence à publier en 1961 des critiques dans la NRF, puis fait paraître son premier roman, La Balle au bond. Un recueil de poésie, Désordres, suit en 1965.
Grand critique, il publie en particulier des chroniques dans Le Magazine littéraire, Le Nouvel observateur, Le Quotidien de Paris, L’Express et Le Figaro littéraire.
Sa poésie, laissant une large place au sentiment, s’adresse, selon Gérard Noiret,

non pas à celui qui comprend, mais à celui qui sait ressentir.

Deux volumes rassemblant celle-ci ont été publiés aux Éditions de La Différence. L’activité de poète de Claude Michel Cluny est aussi celle d’un passeur : directeur de la collection de poésie au format de poche « Orphée », il fait connaître de nombreux poètes étrangers, souvent jamais traduits auparavant. Son œuvre poétique reçoit notamment, en 1989, le Grand prix de poésie de l’Académie française.
L’œuvre de Claude Michel Cluny est marquée par une passion pour la Grèce antique, et plus largement le paganisme disparu. « Pour moi, le possible se limite à la terre », note-t-il dans son journal. Un de ses biographes, Jalel El Gharbi, évoque la présence d’« une trinité païenne qui préside à l’univers clunycien : les voyages, les livres et l’amour » . Grand voyageur, Claude Michel Cluny aura sillonné la terre, réalisé des reportages pour la revue Grands reportages, notant impressions et anecdotes. Il affirme que « les voyages ne sont rien dans l’espace, mais ils nous amènent à découvrir ce que nous avons au fond de nous-mêmes » : ces périples sur les cinq continents nourriront son œuvre.
Une des parties les plus marquantes de son œuvre est son journal, tenu sur plus de cinquante ans : L’Invention du temps. Du Silence de Delphes (1948-1962) à Rêver avec Virgile (1988-1990), paru en 2013, dix volumes ont été publiés. Il dévoile dans ce Journal littéraire un regard affuté, sans complaisance sur le monde et ses contemporains. Il reçoit en 2002 le Prix Renaudot de l’essai pour le premier volume de ce journal.
Claude Michel Cluny, marqué par la « rage de lire », et la « passion de voir » ne fit partie d’aucune école, et réalisa une œuvre originale, attachante, toujours renouvelée. « Une œuvre est ce qu’on sauve du naufrage de l’impossible », remarquait-t-il.

  • Pour le lire

Pour découvrir ou redécouvrir cette voix si originale, vous pouvez lire, en salle H (niveau Haut-de-jardin), une sélection de ses ouvrages : ses œuvres complètes, une partie de son journal, ainsi que des études critiques. L’ensemble des documents disponibles à la BnF est consultable sur data.bnf.

  • Pour en savoir plus

- les œuvres de Claude Michel Cluny aux Éditions de la Différence
- « Claude Michel Cluny, l’art de l’absolu », par Pierre Perrin
- Claude Michel Cluny reçu en 2012 dans l’émission Ça rime à quoi, sur France Culture
- Entretien avec Claude Michel Cluny en 2013, sur le site Recours aux Poèmes

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2015/01/hommage-a-claude-michel-cluny/trackback/

 

Laissez un commentaire