Choix du bibliothécaire

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8 janvier 2015

Toute le pays est aujourd’hui engagé dans un hommage à la rédaction de Charlie Hebdo décimée hier 7 janvier 2015. Parmi les victimes de l’attentat commis, la BnF comptait de nombreux amis comme Wolinski. La Bibliothèque, institution culturelle héritière des Lumières, prend toute sa part dans cet hommage national.

Présentation salle B le 8 janvier

Présentation salle B le 8 janvier

La salle de la presse, salle B du Haut-de-Jardin, propose une présentation particulière avec les titres de Charlie Hebdo ou de Cabu, tous issus de ses collections en libre accès. Le dessin de presse a en effet toujours fait l’objet d’une attention particulière. Il a souvent été exposé à la Bibliothèque. En 2012, la BnF a notamment consacré une exposition à Wolinski pour célébrer ses 50 ans de carrière. Le jour même de l’attentat, la BnF présentait sur son site une page spéciale reprenant l’affiche de l’exposition. La BnF a participé en 2014 à la remise du Trophée Presse Citron à l’occasion de la Biennale du dessin de presse organisé en lien avec l’Ecole Estienne, une manière de ne pas reléguer cette forme artistique dans les chroniques de l’histoire de l’art, mais de faire vivre son impertinence et la polémique qu’elle porte, dans ses murs.

La Bibliothèque a le temps long pour elle et permet de replacer un événement, et l’attentat du 7 janvier en est un, dans ce temps long. Après le temps de l’émotion, le récit historique permet d’organiser et de contextualiser la douleur ressentie. Charlie Hebdo s’inscrit dans une longue tradition du dessin et de la caricature que l’on observe déjà dans les manuscrits médiévaux. Le terme de caricature apparaît lui au 17ème siècle dans un album d’Annibal Carrache (1646). Le dessin a alors pour fonction de porter la charge, d’accuser, souvent par l’exagération. Diderot en donne une définition dans l’Encyclopédie :

C’est la représentation, sur la toile ou le papier, par le moyen des couleurs, d’une personne, d’une action, ou plus généralement d’un sujet, dans laquelle la vérité et la ressemblance exacte ne sont altérées que par l’excès du ridicule. L’art consiste à démêler le vice réel ou d’opinion qui était déjà dans quelque partie, et à le porter par l’expression jusqu’à ce point d’exagération où l’on reconnaît encore la chose, et au-delà duquel on ne la reconnaîtrait plus ; alors la charge est plus forte qu’il soit possible

La caricature apparaît donc comme un subtil équilibre, un véritable art. C’est une charge qui permet d’aller au-delà des mots, au-delà de l’épigramme dont Voltaire était un des virtuoses. Les romantiques développeront cet art de la caricature et Honoré Daumier en sera un des maître français au 19ème siècle. Une page du site pédagogique de la BnF retrace rapidement l’histoire de la caricature des moines copistes à Charlie Hebdo.

L’événement dramatique qui endeuille la nation en ce mois de janvier, ne fait que donner un nouvel élan à cette histoire. Les journaux, le sites web et les cimaises de France continueront longtemps à brandir des dessins irrévérencieux.

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