Manifestations

Antoine Volodine invité du Café des livres de la BnF

26 février 2015
Antoine Volodine

Antoine Volodine

Dans le cadre du Café des livres, Jean-Didier Wagneur recevra samedi 7 mars le romancier Antoine Volodine, prix Médicis 2014 pour son roman Terminus radieux.

Antoine Volodine est le principal hétéronyme d’un romancier né en 1949, qui signe également Elli Kronauer, Manuela Draeger ou Lutz Bassmann, etc. Il est l’auteur depuis 1985, sous le nom d’Antoine Volodine, d’une vingtaine de romans, dont Des anges mineurs, prix du Livre Inter en 2000. C’est l’un des plus singuliers et des plus importants romanciers français d’aujourd’hui.

Il vient de recevoir le prix Médicis 2014 pour Terminus Radieux (Le Seuil, 2014), où, dans une Sibérie dévastée par les explosionsnucléaires après la chute de la Seconde Union soviétique, des hommes irradiés et mutants errent sans plus savoir s’ils sont morts ou vivants. Le centre du monde a un nom, Terminus radieux, un kolkhoze dont la pile atomique s’est enfoncée sous terre et dont le président met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance. Entre la steppe et la taïga, se déroule ici une fiction où fusionnent le conte et la poésie, le roman et la fin des épopées, l’oralité incantatoire, le chant des oiseaux et les slogans politiques. Le lecteur y retrouve les surnaturelles grand-mères volodiniennes (ici l’atomique Mémé Oudgul), les tortionnaires et les éternelles victimes de rêves égalitaristes ayant tourné au cauchemar.

Errances dans des paysages post-apocalyptiques, descentes aux enfers, enfermements concentrationnaires, tous les romans de Volodine évoquent un monde d’après. Dans Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze, l’écrivain a livré quelques-uns des principes qui organisent sa poétique et son univers. Une prison où se croisent les voix de détenus incarcérés est la matrice de toutes les histoires et de la littérature post-exotique. Des hommes et des femmes rêvent, imaginent, parlent, écrivent ou tapent sur les barreaux. Des histoires sont murmurées, scandées collectivement, écrites sur des bouts de papier, apprises par cœur, communiquées à d’autres détenus qui à leur tour les transfigurent, afin de ne pas éveiller les soupçons des gardiens.

Très peu de passerelles désormais établissent une jonction entre le post-exotisme et la littérature officielle, ce qui n’empêche pas le murmure des hétéronymes d’être audible par toute oreille : perceptible par toute intelligence. (Antoine Volodine, Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze, Gallimard, 1998, p. 71)

L’écriture d’Antoine Volodine échappe largement aux canons traditionnels de la littérature occidentale, tout en se situant dans la continuité de celles de Lautréamont ou de Kafka, des littératures russes et latino-américaines, d’une certaine science-fiction ou des littératures mineures chères à Gilles Deleuze. Elle entremêle désespoir absolu et humour du désastre, revendications politiques et religions orientales, romantisme et anticipation, pour abolir les frontières entre réel et imaginaire, entre auteur, personnages et lecteurs, comme entre passé, présent et futur.

Jean-Didier Wagneur est spécialiste d’Antoine Volodine et coordinateur scientifique des collections numérisées au département Littérature et art.

  • Voir aussi :

- Antoine Volodine. Prix Médicis 2014 – Bibliographie
- Jean-Didier Wagneur, « Volodine, kolkhoze toujours », Libération, 3 septembre 2014
- Para-post-exotisme, site consacré à Antoine Volodine

  • Informations pratiques :

La rencontre aura lieu au Café des Globes, dans le Hall ouest, samedi 7 mars de 17h00 à 18h00.

Photo : Antoine Volodine © Hermance Triay / Seuil

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