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Eduardo Galeano (1940-2015) ou l’Amérique latine au cœur

27 avril 2015

Eduardo Galeano

Eduardo Galeano

Eduardo Galeano, grande figure de la pensée latino-américaine, est décédé le 13 avril dernier à Montevideo en Uruguay. Écrivain, essayiste, journaliste, il laisse de nombreux livres, des articles de journaux, des entretiens.

Eduardo Germán María Hughes Galeano est né en 1940 au sein d’une famille aux origines multiculturelles,  italiennes, espagnoles, galloises et allemandes. Autodidacte, il commence son travail journalistique et sa carrière d’écrivain dans les années 60, et prend le nom de sa mère comme nom de plume. Ses premiers livres sont édités en Uruguay et dans d’autres pays latino-américains. En 1968 paraît en France Guatemala, pays occupé, publié par les éditions Maspero. Eduardo Galeano est également éditeur de l’hebdomadaire uruguayen politico-culturel Marche (1939-1974) auquel collaborent des écrivains de renom tels que Carlos Quijano, Mario Benedetti, Ángel Rama, María Esther Gilio.

Son œuvre majeure, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, publiée en 1971, connaît un immense retentissement international et lui donne un prestige qui ne cessera de se fortifier jusqu’à la fin de sa vie. Cet ouvrage est aujourd’hui encore une référence pour tous ceux qui réfléchissent aux évolutions et aux enjeux du continent hispano-américain. Ce livre est publié en France en 1981, dans la collection Terre humaine des éditions Plon.

En 1973, il doit s’exiler en Argentine suite au coup d’État militaire dans son pays. Il continue sa carrière journalistique en dirigeant la revue Crisis (1973-1976) à Buenos Aires. Participent à cette revue des écrivains prestigieux tels que Juan Gelman et Julia Constenla. Contraint de s’exiler une nouvelle fois suite au coup d’État des militaires argentins, il part en Espagne en 1976. Les Veines ouvertes de l’Amérique latine est censuré par les trois dictatures militaires survenues en Uruguay, en Argentine et au Chili durant cette période.

Après le rétablissement de la démocratie en Uruguay en 1985, Eduardo Galeano revient dans son pays et fonde l’hebdomadaire Brecha avec Mario Benedetti, Hugo Alfaro et d’autres journalistes et écrivains qui avaient participé à l’hebdomadaire Marche. En 2010 cet hebdomadaire a créé le prix Memoria del fuego (Mémoire du feu) attribué à une personne qui œuvre pour les valeurs artistiques et s’engage pour les droits humains et sociaux.

Passionné de football, Eduardo Galeano a écrit des articles et un essai, Le football, ombre et lumière, publié aux éditions Climats en 1997, dans lequel il parcourt l’histoire de ce sport, dans une perspective ironique et critique, à partir de souvenirs et d’anecdotes.

Eduardo Galeano a reçu plusieurs prix parmi lesquels le Prix Casa de las Américas (Cuba), le prix Stig Dagerman (Suède), la Medalla 1808 (Mexique) et le prix Manuel Vázquez Montalbán, dans la catégorie du journalisme (Espagne). Il a reçu également divers doctorats Honoris Causa par des universités latino-américaines à Cuba, au Salvador, au Mexique et en Argentine.

Homme très engagé mais non dogmatique, Eduardo Galeano s’est mobilisé contre les narco-États et le néolibéralisme. Partisan de l’écologie, toujours à l’écoute d’autrui, il se disait chasseur d’histoires comme une manière de se nourrir, d’apprendre tout au long de la vie. Conscient de l’importance de former et d’orienter la jeunesse, il était un attentif passeur de connaissances accessibles à tous.

Eduardo Galeano a parlé et écrit contre l’oubli. L’ensemble des medias a rendu hommage à ce grand écrivain latino-américain qui nous laisse le message d’un homme qui fut et qui reste une conscience libre et solidaire.

Voir aussi :

- les documents disponibles à la BnF dans data.bnf
et quelques articles en français à lire en ligne :
- sur le site du RISAL, réseau international solidarité Amérique latine
- « Sens dessus dessous », Le Monde diplomatique, 8 mai 2004
- « Éloge du bon sens », Le Monde diplomatique, août 2004

Photo : Eduardo Galeano. Donostia Kultura CC BY-SA 2.0

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