Le numérique

Le marché de l’art au miroir de l’Internet

14 janvier 2016

Le marché de l’art suscite beaucoup de curiosité. En effet, certaines ventes d’œuvres d’art sont très médiatisées de par la flambée des prix de l’art contemporain dans un monde aujourd’hui très marqué par la spéculation.

Un parcours guidé dans les Archives de l’Internet propose de découvrir les différents acteurs du marché de l’art en présentant environ 80 sites qui ont été ou sont collectés dans le cadre du dépôt légal du Web. Sa conception est le résultat d’une collaboration entre le Département Littérature et art de la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art.

Une première constatation s’impose : Internet est venu transformer en profondeur le monde du marché de l’art. Les galeries l’utilisent largement pour présenter leurs artistes et communiquer grâce aux réseaux sociaux. Par ailleurs, les maisons de vente animent des ventes en ligne et font coexister catalogues de vente sur le Web et catalogues papier. Mais aujourd’hui certains catalogues de vente sont disponibles uniquement sur le Web, d’où la nécessité de les collecter pour assurer la continuité de nos collections, car la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art conservent toutes deux ces catalogues depuis le XVIIe siècle. On peut trouver sur Internet d’importantes archives et surtout, ce qui est nouveau, les résultats des adjudications des ventes.

En parcourant cette sélection de sites archivés, on sera surpris par des ventes spectaculaires, insolites ou remarquables : la vente de la collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé en 2009, des ventes de street art et de graffiti, les ventes de bibliophilie, au cœur d’un marché qui s’est beaucoup développé ces dernières années.
Ce sites permettent ainsi de partir à la découverte du fonctionnement et de l’histoire des maisons de vente d’œuvres d’art, de livres ou de manuscrits. Le site du Syndicat des maisons de vente présente une synthèse sur leur histoire. Sotheby’s est ainsi la plus ancienne maison de vente au monde, créée en 1744. Le site de Drouot revient sur les différentes étapes et les acteurs intervenant à l’Hôtel Drouot. Une grande nouveauté est offerte grâce à l’Internet : les ventes en ligne permettent de suivre les ventes et d’enchérir en temps réel. Pour mieux identifier les différents acteurs des maisons de vente, l’annuaire rassemblé par le site du Conseil des ventes est très utile ; ainsi, Yann Baratoux est-il commissaire-priseur judiciaire et de ventes volontaires.

Au fil du parcours guidé, nous rencontrons différents métiers du monde de l’art : restaurateurs, experts, transporteurs d’œuvres d’art, galeristes. Les galeries, majoritairement concentrées en Ile-de-France, participent aux foires et aux salons, et mettent en relation artistes et acheteurs. Elles se réunissent en comité professionnel. La FIAC est la plus grande et la plus connue des foires d’art organisées en France. Depuis 2012, Variation est la première foire consacrée à l’art numérique.
Enfin ce parcours guidé revient sur différents scandales car les arnaqueurs n’oublient pas le marché de l’art. En voici pour preuve : les faux réalisés par Wolfgang Beltracchi, l’affaire récente d’escroquerie de la société d’achat-vente d’autographes, ou l’annulation d’une vente d’art précolombien en raison de la provenance illicite de certains objets.

L’archivage de ces sites internet permet de mesurer l’évolution rapide de ce secteur d’activité : ventes en ligne, visibilité sur les réseaux sociaux, disparition progressive des catalogues papier et valeur ajoutée des informations sur le Web, notamment de ces précieuses données que sont les résultats d’adjudication des ventes.

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