Collections et patrimoine

Une sélection d’acquisitions patrimoniales de 2015 à la BnF

23 février 2016

La Bibliothèque enrichit ses collections patrimoniales, non seulement en y consacrant une part importante de son budget, mais aussi en recourant de plus en plus et avec succès au mécénat ainsi qu’aux souscriptions publiques, des outils devenus indispensables pour les pièces les plus coûteuses. Pour illustrer les entrées remarquables de l’année 2015, voici une sélection des pièces les plus emblématiques, présentées lors d’une séance spéciale le 15 février dernier aux agents de la Bibliothèque.

Portrait de Rimbaud par Carjat

Portrait de Rimbaud par Carjat

Une des acquisitions les plus iconiques de l’année 2015 est l’un des deux portraits de Rimbaud réalisés par le photographe Carjat. Connues surtout par des reproductions souvent retouchées voire réinterprétées, les épreuves originales de Carjat sont rarissimes. Le tirage acquis par la BnF de l’un de ces deux portraits est l’un des trois connus aujourd’hui et le premier à entrer dans une collection publique française. Il a été légué à sa mort en 1916 par la sœur de Rimbaud, Isabelle, à Paul Claudel qui le conserva toujours sous ses yeux. Il est demeuré dans sa famille jusqu’à son acquisition par la BnF en 2015.

Autre acquisition portant sur la même période de l’histoire de la littérature française, le recueil des Valentines, l’une des deux œuvres principales de Germain Nouveau qui ne parut jamais de son vivant. Rédigés entre 1885 et 1887, les poèmes des Valentines ne firent l’objet que d’une composition typographique, que Nouveau avait fait réaliser à ses frais en vue d’une édition qu’il voulait de tirage très restreint et destinait à demeurer hors commerce, réservée à une distribution privée auprès de ses proches amis. Mais bientôt il renonça même à une telle édition, puis tenta même de faire disparaître toute trace de l’oeuvre. C’est ainsi que ce jeu d’épreuves corrigées est, en l’absence de manuscrits, l’unique témoin authentique d’une des grandes oeuvres poétiques de la fin du XIXe siècle, contemporaine de celles de Rimbaud, Verlaine ou Cros.

David et Gloliath

David et Gloliath

Enfin, l’acquisition sans doute la plus attendue de l’année 2015 est celle du manuscrit du livre d’Heures de Saint-Louis de Poissy qui a fait l’objet d’une souscription publique relayée dans des billets de ce blog. C’est un manuscrit sur parchemin d’écriture gothique, réalisé dans le premier quart du XIVe siècle, entre 1310 et 1315. Ce livre liturgique rassemble les textes permettant de célébrer chaque jour les Heures et les Offices divins, selon l’usage dominicain. Ses marges sont très décorées, particulièrement la marge inférieure qui présenteun cycle iconographique légendé des sept sacrements tout à fait exceptionnel. Il associe la représentation d’un sacrement à une vertu chrétienne, opposée à un péché tiré de l’Ancien Testament. Ce cycle avait notamment une visée pédagogique envers Marie de Clermont-Bourbon, cousine du roi Philippe le Bel, petit-fils de Louis IX. C’est à elle, descendante de Louis IX, que le roi avait offert ce bréviaire et confié l’abbaye Saint-Louis de Poissy.

D’autre pièces remarquables ont bien entendu été acquises l’an passé. Il faudrait citer les manuscrits de tout premier ordre de la Société des assureurs français, le manuscrit des Poètes maudits qui était dans la collection Pierre Bergé, le  trésor de Cuts, ou le manuscrit des Troyens de Berlioz.

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2016/02/une-selection-dacquisitions-patrimoniales-de-2015-a-la-bnf/trackback/

 

Laissez un commentaire