Hommage

Miguel de Cervantes Saavedra (1547-1616)

7 avril 2016

Juan de Jáuregui. Portrait imaginaire de Cervantes

Pour célébrer les 400 ans de la mort de Miguel de Cervantes Saavedra, la Bibliothèque nationale de France organise, le 13 avril de 18h30 à 20h au Petit auditorium, une table ronde : Les Quichottes d’outre-mer.

Participent à cette table ronde : Jorge Edwards, écrivain chilien, journaliste et diplomate, Andrés Trapiello, écrivain, poète, nouvelliste, essayiste espagnol et Juan Manuel Bonet, directeur de l’Institut Cervantes de Paris.

Miguel de Cervantes Saavedra est né à Alcalá de Henares en 1547. La date exacte n’est pas connue car l’acte de naissance, retrouvé au milieu du XVIIIe siècle, indique seulement la date de son baptême, le 9 octobre 1547, à Santa María la Mayor. Sa mort est notifiée dans le livre de registres de la paroisse de San Sebastián, à Madrid, le vendredi 22 avril 1616.

Cervantès est universellement connu pour son œuvre L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche. La première partie est publiée en 1605 et la seconde en 1615, un an avant sa mort. Cette œuvre est reconnue comme le premier roman moderne par Jean Canavaggio, dans la biographie qu’il a consacrée à l’écrivain :

ce récit a pour la première fois installé à l’intérieur de l’homme la dimension imaginaire. Au lieu de raconter du dehors ce qui arrive au héros, il lui donne la parole et la liberté d’en user à sa guise, recréant ainsi le mouvement par lequel chaque personnage s’invente à mesure qu’il vit les événements.

Le succès est immédiat. Deux mois après sa publication, en mars 1605, son libraire Francisco de Robles et son éditeur Juan de la Cuesta préparent une nouvelle édition, mise en vente avant l’été de la même année. Des éditions pirates sont publiées à Lisbonne, à Valence et à Saragosse. Cette première édition est rapidement expédiée outre-Atlantique, notamment au Pérou et au Mexique.
Au cours de l’été 1614, Cervantes termine de rédiger la deuxième partie de Don Quichotte, annoncée par l’auteur et très attendue par les lecteurs. Ce même été, un inconnu, Alonso Fernández de Avellaneda, fait publier à Tarragone la suite des aventures du chevalier sous le nom de Deuxième volume de l’ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche, connue comme le Quichotte apocryphe ou Quichotte d’Avellaneda. Depuis quatre siècles la question de l’auteur se pose : on ne sait qui se cache derrière cet Avellaneda.
Cervantes publie la seconde partie en décembre 1615 chez le même éditeur et libraire que la première. Elle reçoit un accueil public tout aussi favorable.

  • Traductions

Les deux parties font rapidement l’objet de traductions : en anglais par Thomas Shelton en 1612 pour la première partie et en 1622 pour la seconde ; en français, César Oudin traduit la première partie en 1614 et François de Rosset la seconde en 1618 ; la version italienne est due à Lorenzo Franciosini en 1622, puis le récit paraît en allemand en 1657 grâce à Pahsch Basteln von der Sohle. Beaucoup d’autres suivront.
Aujourd’hui, les bibliothèques de l’Institut Cervantes – institution officielle espagnole – réparties dans le monde non hispanophone, identifient plus de 200 traductions.
La BnF recense plus de mille références concernant le Quichotte dont la première édition, El ingenioso hidalgo Don Quixote de la Mancha compuesto por Miguel de Cervantes Saavedra, éditée à Madrid par J. de La Cuesta en 1605. La dernière traduction française en date a été publiée en septembre 2015 dans la Pléiade (Gallimard).

  • Autres œuvres

Cervantes est aussi l’auteur de La Vie à Alger, une comédie écrite à son retour d’Alger en 1582. Il publie son premier roman La Galatée ou Galathée en 1584 à Alcalá de Henares, édité par Juan Gracian chez le libraire Blas de Robles sous le titre Première partie de la Galatée, divisée en six livres.  En 1611 cette œuvre est rééditée à Paris par G. Robinot. Cervantes ne publiera pas la seconde partie, annoncée à plusieurs reprises. La BnF possède un exemplaire de cette édition.
Les Nouvelles exemplaires vont connaître un succès immédiat dès leur publication en 1613. Traduites en français par Rosset et d’Audiguier en 1615, elles sont reçues avec enthousiasme et seront rééditées huit fois tout au long du XVIIe siècle. Voyage au Parnasse (1614) est une œuvre narrative en tercets. À la mi-septembre 1615, Cervantes publie les Huit comédies et huit intermèdes jamais représentés. Ces deux titres paraissent chez la veuve d’Alonso Martin à Madrid. La BnF possède un exemplaire original du dernier titre mentionné.
Les Travaux de Persiles et Sigismonde est la dernière œuvre de Cervantes. Ce livre fut édité par la veuve de Cervantes en 1617. L’auteur l’a dédié au Comte de Lemos, le 19 avril 1616, quatre jours avant sa mort.

Dans ses fonds patrimoniaux, la BnF possède une très riche collection de toutes les œuvres de Miguel de Cervantes, majoritairement consultables en bibliothèque de recherche (Rez-de-jardin). De nombreux textes sont disponibles sur Gallica et les éditions originales sur le site de la Biblioteca digital hispánica de la BNE.

Une sélection de documents est présentée en salle G (Haut-de-jardin) et un entretien avec Juan Manuel Bonet a été publié dans le dernier numéro de Chroniques.

  • En savoir plus

- Exposition sur Cervantes (BNE)
- Biblioteca virtual Miguel de Cervantes
- Instituto Universitario de Investigación en Estudios Medievales y del Siglo de Oro Miguel de Cervantes (Universidad de Alcalá)
- Museo casa natal de Cervantes
- IV centenario de la muerte de Cervantes
- Acción cultural española : Centenario de la muerte de Cervantes

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2016/04/miguel-de-cervantes-saavedra-1547-1616/trackback/

 

Laissez un commentaire