Le numérique

La ronde des festivals dans les archives du web

5 juillet 2016
Les festivals de l'été

Les festivals de l'été

En 1947, Jean Vilar fonde le Festival d’Avignon pour “Redonner au théâtre, à l’art collectif, un lieu autre que le huis clos (…) ; faire respirer un art qui s’étiole dans des antichambres, dans des caves, dans des salons ; réconcilier enfin, architecture et poésie dramatique“. Il ne pourrait que se réjouir de la mutation des pratiques artistiques et culturelles avec l’essor d’internet.

C’est l’été, les manifestations culturelles fleurissent sur le territoire. Le festival n’est plus seulement un lieu où l’on se déplace, pour voir, entendre, ou encore rencontrer des passionnés à son image. En s’invitant chez le festivalier, sur son mobile, son ordinateur ou encore sur sa tablette, ce lieu de connivence permet à chacun de s’impliquer, de participer, allant même jusqu’à dénoncer des dysfonctionnements, dans un paysage culturel de plus en plus contraint par la politique culturelle au plan national.

La BnF pioche dans les archives de l’internet et propose un parcours guidé sur les festivals en dix thèmes. Ces derniers explorent la variété des manifestations, la complexité de leur organisation, la fragilité économique, l’accessibilité sur place ou à distance, l’événement comme lieu d’expérience sociale et enfin la mémorisation ou la continuité via le numérique. Cette sélection de sites collectés est consultable dans la bibliothèque de recherche de la BnF et dans une dizaine de bibliothèques de région partenaires.

Ainsi, le festival répond à divers objectifs, comme celui de dynamiser un territoire sur le plan culturel mais peut également être là pour défendre une cause, découvrir des talents, promouvoir un territoire ou une pratique. Il en est ainsi du Festival du jeu vidéo dont la capture de 2006 montre une progression dans la fréquentation.

Mais un festival c’est aussi une organisation tout au long de l’année  avec ses impondérables que le web permet de tempérer. Une rencontre est annulée, on l’actualise en direct, et si l’on veut connaître rapidement toute l’offre festivalière, on se tourne vers des sites fédérateurs comme La Route des festivals. Les programmateurs, gros défenseurs de la culture pour tous, proposent aussi des services en ligne plus économiques et éco-responsables comme le covoiturage.

Concernant le financement, on assiste parfois à la disparition d’événements. La fréquentation du public ne suffit plus, il faut renforcer la sécurité des lieux, offrir aux visiteurs des têtes d’affiches etc. Sur la toile, les organisateurs sollicitent le privé - qui souvent souhaite une implication en contrepartie - et se heurtent à la fronde de certains décideurs lors de l’attribution des subventions, comme en témoigne l’archive de 2013 du festival de heavy metal Hellfest.

Les manifestations luttent pour se maintenir, et utilisent l’aura du web pour alerter le public et les autorités. La liberté culturelle fragilisée est défendue par des festivals de toute taille dont l’orientation thématique est grand public ou plus confidentielle, comme les festivals autoproduits de culture alternative.

A toute passion répond un festival, même le plus insolite. Féru de magie, Lille vous attend, à moins que vous ne soyez champion de course en triporteur, ce sera alors dans le Finistère ! La collecte du net est un riche réservoir en termes de contenus et de visibilités. Ainsi, pour l’artiste reconnu ou l’amateur, le web permet de se confronter au public, de présenter des créations numériques et offrent aussi la possibilité de voter, parfois même par un simple tweet lors de la MuseumWeek.

Enfin, ces sites offrent la possible appropriation d’un évènement par chacun, de partout, sous la forme d’une gazette journalière, ou encore d’une publication relatant les réactions des internautes ; la critique est alors ouverte et non plus réservée aux seuls journalistes.

Les archives de l’internet sont donc un réservoir indispensable pour les chercheurs qui trouvent ici une nouvelle source documentaire, mais sont également utiles pour le public qui peut mesurer, participer et s’impliquer dans un paysage culturel fragilisé par le nouveau partage des compétences institutionnelles sur le territoire.

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