Ailleurs, Choix du bibliothécaire

Oscar Wilde, l’impertinent absolu

9 septembre 2016

Affiche de l'exposition

Le Petit Palais accueille cet automne la première grande exposition française consacrée à l’écrivain Oscar Wilde. Né en 1854 à Dublin et mort en 1900 à Paris, francophile, Wilde tissa des liens féconds avec le milieu artistique et intellectuel parisien (André Gide, Pierre Louÿs, Mallarmé, Verlaine) et fut une figure de dandy controversée.

Un ensemble de documents exceptionnels, d’inédits, comportant manuscrits, photographies, dessins, effets personnels et tableaux provenant d’Irlande, d’Angleterre, des États-Unis et de musées et bibliothèques français (musée d’Orsay, BnF…) permettent de retracer le portrait de cet écrivain qui mourut dans le dénuement et la misère, après sa condamnation pour homosexualité en 1895, à Londres.

Un dandy esthète

Né Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde dans la bourgeoisie irlandaise et protestante de Dublin, Oscar Wilde a étudié au Trinity College de Dublin et au Magdalene College d’Oxford. Influencé par les préraphaëlites, ces artistes porteurs d’une renaissance anglaise dans les arts, Wilde se forge un personnage d’esthète et de dandy. Installé à Londres, publiant poésie, essais, dialogues et exerçant le journalisme aux États-Unis et au Canada, il publie en 1890 son roman Le Portrait de Dorian Gray et rédige en français sa pièce Salomé, qui fut jouée à Paris.

La descente aux enfers

Confronté à la rigueur de la morale victorienne en Angleterre, qu’il caricature dans des comédies (L’importance d’être Constant, 1895), Oscar Wilde est condamné pour « grave immoralité » à deux ans de travaux forcés après le scandale de son homosexualité et de sa relation avec son amant Alfred Douglas. Ruiné par ses procès, il écrit en prison De Profondis, une longue missive adressé à son amant, dont la noirceur préfigure son œuvre finale, La Ballade de la geôle de Reading (1898), un long poème commémorant l’expérience éprouvante de la vie en prison. Il meurt à Paris en 1900 dans le dénuement.

Une esthétique décadente ?

Explorant les liens entre beauté et décadence, Wilde se conforme aux exigences d’un esthétisme pur, en lien avec les théories sur l’art de John Ruskin. Son talent littéraire et sa personnalité hors norme font de lui un personnage renommé, avant le scandale sur ses mœurs. Ses tenues extravagantes et ses cheveux longs lui valent des commentaires sarcastiques de la presse et des caricatures. Faisant la connaissance de Marcel Proust à Paris, il côtoie les peintres impressionnistes, étant un véritable amateur d’art. Dans Le Critique en tant qu’artiste, Wilde défend ainsi l’idée que l’œuvre littéraire ne doit pas être analysée mais servir de support à une nouvelle création.

Où et quand ?

À l’occasion de cette exposition, de nombreux ouvrages d’Oscar Wilde, sur sa vie et son œuvre, en français et en langue originale, sont à votre disposition en libre-accès dans la salle G (Littératures du monde) de la Bibliothèque du Haut-de-jardin, où ils font l’objet d’une présentation à partir du 13 septembre 2016.

Pour aller plus loin vous pouvez :

- vous référer à la page dédiée à Oscar Wilde dans les collections de la BnF
- et partir à la découverte des ouvrages d’Oscar Wilde et sur son œuvre dans la bibliographie qui lui a été consacrée en 2011.

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