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Découvrir la littérature marocaine francophone

23 mars 2017

À l’occasion du Salon du Livre de Paris qui se tiendra du 24 au 27 mars et dont l’invité d’honneur est le Maroc, voici quelques conseils de lecture afin de découvrir la vitalité et la richesse de cette littérature.

Lamia Berrada-Berca a longtemps habité en France avant de s’installer au Maroc. En 2011, elle écrit Kant et la petite robe rouge. Ce roman très remarqué a été un vrai succès en France. Il raconte l’histoire d’Aminata qui a rejoint son mari en banlieue parisienne ; elle mène une existence bien réglée, assurant sans écart ses tâches d’épouse et de mère au foyer. Un jour, elle voit en vitrine une robe rouge qui suscite en elle un désir inconnu. Puis elle découvre un livre d’Emmanuel Kant sur le paillasson de son voisin, et un monde s’ouvre à elle … Elle va peu à peu s’écouter, se découvrir et s’affirmer, « oser savoir » comme Kant écrivait.

Autre univers avec Le Job de Réda Dalil, ancien employé de la finance. Son héros Ghali, jeune cadre de banque, est licencié du jour au lendemain à cause de la crise des subprimes. Commence alors une longue période pleine de doutes et de situations cocasses au cours de laquelle le jeune homme est prêt à tout pour retrouver un « job ». Ce livre, qui a obtenu le Prix de la Mamounia en 2014, aborde un vrai sujet de société au Maroc où le chômage des jeunes diplômés est très élevé.

Est-il encore besoin de présenter Tahar Ben Jelloun ? Il est né à Fès en 1944, a grandi à Tanger, puis s’est envolé en 1971 vers Paris où il commence sa carrière de journaliste et d’écrivain. Il publie d’abord Harrouda, puis Moha le fou, Moha le sage, l’un des livres les plus lu au Maroc, et obtient le Prix Goncourt en 1985 pour La nuit sacrée. Tahar Ben Jelloun écrit aussi des essais (Le racisme expliqué à ma fille), des poèmes (La remontée des cendres), participe à la mise en scène de certaines de ses œuvres et fait partie de l’Académie Goncourt depuis 2011. À ce titre, il se félicite de l’attribution du Prix Goncourt à sa compatriote Leïla Slimani en 2016 pour Chanson douce. Son dernier roman, Le mariage de plaisir, est paru l’année dernière.

Enfin, présentons un dernier auteur, le seul de notre liste qui ne sera pas présent à Livre Paris : Driss Chraïbi, mort en 2007, qui marqua un tournant dans la littérature marocaine. En 1954, il publie Le passé-simple dans lequel il dénonce, en pleine lutte de son pays pour l’indépendance, les scléroses de la société marocaine et les absurdités de la colonisation. Son héros, le jeune Driss, est tiraillé entre les deux sociétés françaises et marocaines. Il se révolte contre son père qui mène d’une main de fer sa famille avec pour toile de fonds la corruption et la pauvreté. Le livre fit scandale au Maroc où l’on reprocha à l’auteur de trahir son pays.

Pour aller plus loin :

- une bibliographie plus complète sur la littérature marocaine (2017)
- et une autre sur Les Arts du Maroc (2014)
- Maroc, musiques d’hier et d’aujourd’hui au département de l’Audiovisuel
- et les pages consacrées au Maghreb dans le Portail Francophonie

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