Choix du bibliothécaire, Hommage

Primo Levi est mort il y a 30 ans

7 avril 2017

Voici 30 ans, disparaissait Primo Levi (1919-1987). Une présentation d’ouvrages lui est consacrée dans la salle G, afin de rendre compte de la variété de son œuvre, qui en fait l’un des écrivains italiens majeurs de la seconde moitié du 20e siècle.

Né le 31 juillet 1919 à Turin, dans une famille bourgeoise juive, il obtient en 1941 un doctorat de chimie. Arrêté le 13 décembre 1943 alors qu’il tente de rejoindre la Résistance, il est déporté à Auschwitz où il restera près d’un an. À son retour, il trouve un emploi dans une petite entreprise de peinture dont il deviendra par la suite directeur et où il restera jusqu’à sa retraite. Il s’est donné la mort le 11 avril 1987.

Le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous : aussi peut-on qualifier de non humaine l’expérience de qui a vécu des jours où l’homme a été un objet aux yeux de l’homme. (Si c’est un homme, chapitre 17)

Primo Levi a commencé à écrire pour raconter son expérience, dans son livre le plus célèbre, Si c’est un homme (1947), qui est l’une des premières et aussi des plus bouleversantes évocations de l’univers concentrationnaire. Ce récit ne connaît pas immédiatement le succès, mais il marquera profondément les esprits des européens d’après-guerre. Au cours des décennies suivantes, il sera traduit dans une trentaine de langues, intégré dans les programmes scolaires, et se vend aujourd’hui encore à 200 000 exemplaires par an rien qu’en Italie.

Un fois à la retraite, Primo Levi se consacre pleinement à l’écriture et à son travail de mémoire, avec notamment La trêve (1963) qui raconte son voyage de retour en Italie après sa libération, Le système périodique (1975), portrait d’un Juste, La clef à molette (1978), Maintenant ou jamais (1982) ou encore Les naufragés et les rescapés (1986), son dernier livre et sans doute le plus sombre.

Il s’essaie également à d’autres genres, de la poésie (L’Auberge de Brême, 1975) à la science-fiction (avec les nouvelles mi-réalistes, mi-fantastiques réunies dans deux recueils intitulés respectivement Histoires naturelles, 1966 et Vice de forme, 1971) en passant par l’essai (Le métier des autres, 1985). Son œuvre caractérisée par une approche scientifique et analytique, porte également l’empreinte de sa formation et de sa profession de chimiste.

Lire Primo Levi à la BnF

De nombreux ouvrages de et sur Primo Levi sont disponibles à la BnF,  notamment dans la salle G, où une partie d’entre eux est présentée du 14 mars au 14 mai 2017.

On peut y consulter en particulier ses Œuvres, réunies et présentées par Catherine Coquio (R. Laffont, 2005) ou le recueil L’asymétrie et la vie : articles et essais, 1955-1987, ainsi que plusieurs études critiques, ou encore des livres d’entretiens, par exemple les Conversations avec Primo Levi, autoportrait qui passe par un entretien avec Ferdinando Camon, qui décrit ainsi Primo Levi dans son avant-propos :

Levi ne criait pas, n’insultait pas, n’accusait pas, parce qu’il ne voulait pas crier, il voulait beaucoup plus : faire crier. Il renonçait à sa propre réaction en échange de notre réaction à tous. Son raisonnement portait sur la longue durée. Sa modération, sa douceur, son sourire — qui avait quelque chose de timide, de presque enfantin — étaient en réalité ses armes.

Pour en savoir plus, on peut consulter le site du Centre international d’études Primo Levi (en italien ou en anglais).

France Culture a également mis en ligne une page consacrée à Primo Levi à l’occasion de cet anniversaire : « Primo Levi et l’expérience concentrationnaire : du témoignage à la désillusion ».

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