Collections et patrimoine, Le numérique

À la découverte du web électoral de 2010 à 2015

2 mai 2017

En cette année d’élections, la BnF propose un nouveau parcours guidé, dans les Archives de l’internet. Intitulé « le web électoral de 2010 à 2015 », ce parcours compile une partie des contenus archivés dans le cadre des collectes spécifiques lors de campagnes électorales : élections présidentielle et législatives de 2012, régionales de 2010 et 2015, municipales et européennes de 2014.

L’occasion de (re)découvrir des sites, parfois disparus, et aussi de constater à quel point le web est devenu un média à part entière, favorisant la communication politique, l’information juridique et le débat citoyen.

Les archives du web électoral

Les archives du web électoral

16 584. C’est le nombre de sites ou de parties de sites collectés par la BnF dans le cadre de ces collectes du web électoral. 571 millions, le nombre de fichiers collectés. Si ce nouveau parcours n’a pas vocation à présenter de façon exhaustive les corpus constitués lors de ces campagnes, il expose de façon thématique la diversité des contenus collectés. Il a été conçu par les départements Droit, économie, politique et, Philosophie, histoire et sciences de l’homme.

  • Candidats, partis et citoyens connectés

Au travers de 13 thèmes, le parcours permet, notamment, de se replonger dans les élections de 2012. C’est d’abord l’occasion de revivre l’avant-campagne de la présidentielle, avec pour la première fois en France, des primaires socialiste et écologiste. Place ensuite à la campagne en ligne de 2012 : réseaux sociaux, applications mobiles, « timelines », web-séries montrant les coulisses, mais aussi « cybersquattage » de sites concurrents et « riposte-parties »… Tous les candidats sont sur le net. Chacun tente de convaincre et de mobiliser les internautes, en utilisant les dernières tendances et techniques numériques. Ce qui n’échappe pas au candidat du Front de gauche. Comme le montre un focus sur Jean-Luc Mélenchon, le prétendant à l’Élysée utilise les outils d’internet, tels les réseaux sociaux, au service d’une campagne dont il est à la fois acteur et commentateur.

Pétitions, lettres ouvertes, questionnaires et entretiens, propositions et revendications… En 2012, la société civile (associations, groupes d’intérêt et internautes engagés) s’empare largement du web pour interpeller les candidats sur de grands sujets de société et les enjoindre à prendre position. Des sites jouent quant à eux la carte de l’humour et celle de la pédagogie. Certains prennent ainsi part à la campagne que ce soit pour expliquer ses règles ou ses enjeux, notamment aux plus jeunes, ou pour pratiquer l’analyse au second degré.

  • Un désintérêt croissant pour les régionales ?

Après les présidentielle et législatives de 2012, retour sur les régionales de 2010 et 2015. Des scrutins qui ont suscité un intérêt inégal, à l’image des sites collectés par la BnF au lendemain des élections. Alors qu’en 2010 la campagne est largement relayée, en particulier sur les sites d’information citoyens, celle de 2015 apparaît peu présente dans la presse, en dehors de dossiers spéciaux. Le constat est quasi similaire sur les sites exprimant des opinions d’individus ou de groupes, malgré un regain d’intérêt pour cette élection entre les deux tours, particulièrement perceptible dans les médias citoyens.

Un focus sur la web-campagne électorale de 2015, dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (désormais Région Occitanie) est également mis à l’honneur. Sites de candidats, de partis, de militants, blog satirique, médias locaux… La campagne en ligne rend compte des différents débats et de préoccupations à la fois locales et nationales, dans le contexte des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et de la COP 21, organisée en décembre dans la capitale.

Un thème est ensuite consacré à l’évolution de l’image d’un parti de 2010 à 2015 via sa communication en ligne. Exemple en images avec le Front National, qui disposait de son propre site internet dès 1996. Plus récemment, le parti créait son réseau social. Pour la formation politique d’extrême-droite, Internet est rapidement devenu un outil privilégié pour faire campagne.

Le parcours guidé se poursuit à Lyon, autour de la campagne en ligne des élections municipales 2014. A l’échelle locale aussi, les candidats et partis politiques en lice se manifestent sur le web. La présence sur l’ensemble des réseaux sociaux est désormais obligatoire pour les prétendants à la mairie, comme un prolongement en ligne de la proximité des visites du dimanche sur les marchés…

  • Candidats en réseaux et sites boites à outils

Les années passent, Internet évolue et la communication politique en ligne également. En 2010, les candidats et formations politiques privilégient largement le site internet traditionnel et le blog pour s’adresser aux électeurs. En 2012, Facebook paraît émerger comme le média privilégié des candidats et des partis. Cinq ans plus tard, Twitter semble avoir raflé la mise : pour certains candidats, il est devenu leur seul outil de communication sur le web. Les articles compilant posts et tweets sont d’ailleurs devenus monnaie courante dans les médias en ligne, comme l’illustrent deux thèmes consacrés aux réseaux sociaux.

Moins dans la spontanéité et la brièveté que les « médias sociaux », les sites traditionnels demeurent tout de même utiles aux candidats. Ils leur permettent de s’adresser directement aux militants et sympathisants, afin qu’ils se mobilisent sur le web et dans la rue. Utilisé comme un moyen de mobilisation militante classique, le site internet permet d’organiser la campagne. Porte-à-porte, impression et distribution de tracts, agenda…le site web fait désormais aussi office de boite à outils.

  • Pratique

Les archives du web sont consultables dans les salles de lecture Recherche de la BnF ainsi que dans les salles de lecture de certaines Bibliothèques du dépôt légal imprimeur en région, après accréditation.

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2017/05/a-la-decouverte-du-web-electoral-de-2010-a-2015/trackback/

 

Laissez un commentaire



Pas d'URL (adresse de site web) ou alors sans le http, pour cause de spam.