Choix du bibliothécaire, Valorisation

[Actualités audiovisuelles] Celebrating Ella Fitzgerald

5 mai 2017

Avec sa virtuosité sidérante, son swing et son scat dévastateur, Ella Fitzgerald conserve, cent ans après sa naissance, une place de choix dans le cœur de tous les amoureux de musique.

C’est en refusant de danser qu’Ella Fitzgerald est devenue chanteuse et quelle chanteuse ! La First Lady of Song.

À un concours de talent auquel elle se présenta à 17 ans pour une démonstration de danse, prise soudain de trac et incapable d’esquisser un seul pas de danse, elle choisit finalement de chanter Judy, une petite ritournelle qui lui passe par la tête et remporta le 1er prix.

Première démonstration de son art de faire sien les airs populaires, comme plus tard avec A tisket A-tasket, comptine qu’elle transformera en standard du jazz avec le chef d’orchestre Chick Webb, qui l’engagea en 1935 et devint son mentor.

Ella prendra même à la suite de la mort prématurée de Webb en 1939 la tête de l’orchestre pendant 3 ans. Une chanteuse à la tête d’un orchestre, voilà qui n’était banal à cette époque, avant de voler de ses propres ailes et collaborer avec différents orchestres comme celui de Dizzie Gillespie avec qui elle abordera le be-bop, avec autant d’aisance qu’elle swinguait avec Chick Webb et va s’approprier le genre scat, pour en devenir la maitresse absolue.

Norman Granz qui l’invitera régulièrement à participer à ses tournées Jazz at the philharmonic dans les années 40 , deviendra son impresario en 1955 initiant ainsi la collaboration sans doute la plus fructueuse de toute l’histoire du jazz sur le label Verve puis sur Pablo, qui attendra des sommets avec la collection the Great american songbooks ; mais aussi par des collaborations joyeuses et amicales avec Count Basie, Duke Ellington ou Louis Armstrong, par des enregistrements de concerts d’anthologie comme Ella in Berlin et son Mack the knife totalement revisité, sans oublier les enregistrements en petite formation comme son duo avec le guitariste Joe Pass.

Pour Ella Fitzgerald, toute chanson est le lieu d’exprimer son inspiration en dehors de toute frontière musicale, son approche est plus celle d’une musicienne que d’une chanteuse et bien plus expérimentale qu’il n’y apparaît. Il faut écouter le Stockholm concert 1966 avec Duke Ellington et son orchestre.

Avec cette assurance qui contraste avec la timidité de l’artiste en dehors de la scène, Ella Fitzgerald peut passer d’un standard de jazz absolu comme Something to live for puis enchaîner sur une chanson pop à la mode, pour finir par un scat étourdissant sur Cotton tail, où tout l’orchestre semble vouloir la défier de vitesse mais rend finalement les armes.

Sa voix claire aux intonations et au rythme parfaits qui gardera jusqu’au bout la couleur de l’espièglerie juvénile, ses imitations lors de concerts et ses éclats de rires malicieux entre deux morceaux, ou lors de ses duels de scats, donnent incontestablement cette image d’une chanteuse joyeuse, faite pour vous donner de la bonne humeur, image utilisée souvent à l’excès pour l’opposer inutilement à Billie Holiday.

Toutes deux ont connu une jeunesse difficile, et l’expérience du racisme, mais sans doute que dans les versions poignantes de Fitzgerald de nombreux standards tels que de Loverman ou ses reprises de protest songs, l’auditeur entend plus volontiers de l’espoir.

Ella Fitzgerald aura eu 100 ans cette année comme le  jazz.

La Bibliothèque du Haut-de-jardin propose de réécouter ses American song books, avec the Cole Porter song book (1956), the Duke Ellington song book (1957), the George and Ira song book (1959), the complete Ella Fitzgerald in Berlin : Mack the knife (1960), et the Harold Aren song book (1961).

L’occasion est aussi trop belle de redécouvrir l’exceptionnel Jammin’the blues (1944), le film où sont rassemblés - entres autres - Charlie Parker, Coleman Hawkins, Lester Young et Ella Fitzgerald ; ainsi que l’incontournable série documentaire de Ken Burns : Jazz.

  • Où et quand ?

Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand
Bibliothèque du Haut-de-jardin, entrée libre tous les jours à partir de 17h

Concerts, disques et documentaires sur tous les postes audiovisuels
Du mardi au samedi (10h-20h) et le dimanche (13h-19h)

  • Pour en savoir plus

Écoutez Ella sur Gallica.
Lisez le portrait d’Ella sur France musique.

  • Toujours plus

Lire les autres actualités des collections audiovisuelles de la BnF.
Toutes les [Actualités audiovisuelles] du Blog Lecteurs.

Catherine Eloi (BnF) & Julien Farenc (BnF

______
Crédit photographique : Portrait of Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Ray Brown, Milt (Milton) Jackson, and Timmie Rosenkrantz, Downbeat, New York, N.Y., ca. Sept. 1947

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2017/05/actualites-audiovisuelles-celebrating-ella-fitzgerald/trackback/

 

Laissez un commentaire



Pas d'URL (adresse de site web) ou alors sans le http, pour cause de spam.