BnF, Choix du bibliothécaire

Quand la science fait des bulles…

3 juillet 2017

Quand la science fait des bulles

Pendant tout l’été, la salle C de la bibliothèque du Haut-de-jardin vous propose de célébrer la science à travers le 9e art, dans le cadre de l’exposition Sciences pour tous. Bandes dessinées biographiques, médicales, environnementales ou bien technologiques, elles ont en commun d’expliquer la société dans laquelle on vit et d’illustrer la culture scientifique dans laquelle on baigne.

La science a toujours été une forte source d’inspiration pour les auteur.e.s de bandes dessinées, et dès le XIXe siècle, Les voyages et les aventures du docteur Festus de Rodolphe Töppfer ou celles du savant Cosinus s’inspirent du monde de la science. Même Pif Gadget et Astrapi peuvent se targuer d’avoir eu une vocation de pédagogue en démocratisant les expériences scientifiques à travers les gadgets à monter ou les expériences à réaliser chez soi.

La vulgarisation scientifique répond à un désir de transmission, en créant un lien entre le chercheur (scientifique, ingénieur…) et le grand public. En tant qu’objet de transmission, la bande dessinée a pour avantage d’être un médium avec peu de règles : l’auteur est libre d’adapter son discours, son trait. Rien n’est plus vrai que cette citation de Napoléon : « un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ».

Les dessins ajoutent au texte, simplifient le propos et permettent de montrer du « gore » ou du « trash » (des corps déchiquetés par un réacteur après un saut en parachute dans l’album Tu mourras moins bête de Marion Montaigne, par exemple) et ce, de façon moins choquante qu’une photo pourrait le faire.

Mais la BD est plus qu’un outil de transmission, elle peut aussi être un outil de sensibilisation, véritable source d’information sur des sujets aussi graves que la leucémie (L’aventure de Jules : une histoire pour comprendre la leucémie), l’épilepsie (La parenthèse), ou encore les risques climatiques (Pendant que la planète flambe). Les auteur.e.s, pas forcément des scientifiques, veulent susciter le désir d’approfondir nos connaissances, instaurer un dialogue, informer la société.

La BD, en permettant une certaine liberté dans l’expression du propos, fait des théories scientifiques des objets de réflexion et de conceptualisation. Sophie et les secrets de la Table claudienne : comprendre la science avec du chocolat en est un parfait exemple. Cette bande dessinée illustre la tribologie (la science des frottements, une branche de la mécanique) et utilise le chocolat pour remplacer la cire fondue et le moule en argile par un moule en silicone.

La bande dessinée est par ailleurs utilisée dans l’enseignement supérieur comme outil de mise à l’épreuve des connaissances scientifiques. Ainsi, Logicomix explore les grandes recherches en mathématiques fondamentales et en philosophie du XXe siècle.

Et que dire de l’utilisation des comics comme support de mise à l’épreuve de la science ? Même s’il ne s’agit pas de bandes dessinées vulgarisatrices, la science n’est pas très loin et sert de prétexte à de multiples expériences et démonstrations. Dans D’où viennent les pouvoirs de Superman ?, Roland Lehoucq, astrophysicien,  nous montre Superman tel qu’il devrait être constitué pour parvenir à sauver le monde en s’appuyant sur les connaissances actuelles de la physique, chimie et de la physiologie.

L’auteur de bande dessinée scientifique se revendique comme un passeur de science, le lien entre deux univers qui peuvent de prime abord apparaître difficilement conciliables : les sciences et leur rigueur d’un côté, et de l’autre la simplification nécessaire à la vulgarisation scientifique. Tout le paradoxe est là, les informations données sont sérieuses (vérifiées par des spécialistes du domaine) mais les explications sont mises en forme sur le ton de l’humour.

Il s’agit tout d’abord de donner envie au lecteur d’approfondir un domaine de connaissance, et de ne pas le perdre en route. Simplifier ne veut pas dire dénaturer le travail du chercheur (même si celui -ci doit accepter qu’une cellule porte une jupe par exemple, pas facile pour la rigueur scientifique…), mais schématiser son propos afin que ce qui est technique ou compliqué devienne compréhensible pour le grand public.

Alors, qu’attendez-vous pour buller ?

Du 4 juillet au 31 août 2017, retrouvez en salle C une sélection de bandes dessinées consultables sur place et la bibliographie des bandes dessinées scientifiques disponibles en Haut-de-jardin.

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