Hommage

Hommage à Jean d’Ormesson (1925-2017)

7 décembre 2017

Le 5 décembre dernier disparaissait Jean d’Ormesson, âgé de 92 ans. Homme de contrastes et de contradictions, il a marqué la culture française de sa personnalité solaire et le monde de l’écrit de sa plume alerte et érudite.

Issu de familles aristocratiques (il portait le titre de courtoisie Comte d’Ormesson), Jean d’Ormesson est né le 16 juin 1925 à Paris. Il passe une grande partie de sa jeunesse en Bourgogne au château de Saint-Fargeau, mais séjourne également à l’étranger, la famille suivant le père diplomate dans ses différents postes (Roumanie, Brésil, Bavière). Il obtient sa licence de lettres et histoire, et son agrégation de philosophie. Cette culture de jeunesse lui permet de poser sur le monde un regard ouvert et curieux.

À travers les diverses fonctions qu’il occupe, il dessine une trajectoire riche de rencontres et de débats au sein du milieu intellectuel : secrétaire général, puis président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines de l’UNESCO ; conseiller technique au ministère de l’Éducation nationale et au secrétariat d’État à la Jeunesse et des Sports ; journaliste, chroniqueur et éditorialiste politique (rédacteur en chef de Diogène, directeur du Figaro). Son style est énergique, incisif et élégant.

L’écrivain

Navigant entre la fiction et l’essai, avec une dimension autobiographique toujours très présente, Jean d’Ormesson est l’auteur de nombreux livres, où transparaît sa culture tout à la fois classique et transgressive, philosophique et politique, encyclopédique et humoristique.

Un certain nombre de ses textes sont disponibles en libre-accès dans la salle H et la salle J, notamment son Guide des égarés (réédité par sa fille Héloïse en 2016), sa biographie de Chateaubriand, Mon dernier rêve sera pour vous (1992) ou Je dirai malgré tout que cette vie fut belle (2015).

En 2015, il avait été l’un des très rares écrivains français à entrer de son vivant dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade, avec un volume composé de certains de ses romans, choisis par lui-même.

L’académicien

En 1971, il reçoit le Grand prix du roman de l’Académie Française pour La Gloire de l’Empire, pastiche de récits d’historiens. Deux ans plus tard, il occupe le siège laissé vacant par Jules Romain. Il a 48 ans. Il défend l’entrée de Marguerite Yourcenar à l’Académie, première femme à y être admise, en 1980 et explique :

“C’est une victoire de la littérature [...] C’est un écrivain plus qu’une femme qui entre sous la Coupole. En faisant honneur à Marguerite Yourcenar, l’Académie française s’est fait honneur à elle-même”

L’homme public

L’écrivain est parfois davantage connu pour son éloquence et sa spiritualité, très plébiscitées par les médias, ce qui a contribué à en faire une figure populaire. Sa jovialité et son enthousiasme revendiqués, qui ont fondé son style, sont mis au service de la littérature dans des émissions comme Apostrophes, où il peut pratiquer l’ « art de la conversation » qui lui tient tant à cœur, pour faire connaître les grands auteurs. Il participa également à des émissions plus populaires, comme en 1986, où face à Léon Zitrone, l’académicien improvise une lettre d’amour.

L’acteur

Il a tenu le rôle du président de la République François Mitterrand, dans le film de Christian Vincent, Les Saveurs du palais (2012), inspiré de la vie de la cuisinière à l’Élysée, Danièle Mazet-Delpeuch.

En savoir plus

- Jean d’Ormesson à la BnF

- Jean d’Ormesson chez Gallimard

- Jean d’Ormesson sur France Culture

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2017/12/hommage-a-jean-dormesson-1925-2017/trackback/

 

Laissez un commentaire