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[Salon Livre Paris 2018] La musique russe au 20e siècle

19 mars 2018

Cette année, la Russie est le pays invité du salon du Livre Paris. C’est l’occasion, pour le département de l’Audiovisuel, de mettre en lumière la richesse de son histoire musicale à travers une sélection d’enregistrements, de concert et d’opéras des grands compositeurs russes qui ont marqué le 20e siècle.

Au début du XX° siècle, à côté de compositeurs post-romantiques (Taneiev, Glazounov, Rachmaninov), des courants modernistes en Russie se font jour, tout autant qu’en Europe occidentale, remettant en cause les structures formelles et harmoniques de la musique telles qu’elles existaient au 19e siècle.

C’est le cas de Scriabine qui, après une jeunesse où ses compositions semblent en droite ligne de Chopin, ouvre de nouvelles perspectives harmoniques dans un projet utopique d’ « œuvre totale », où la musique, les arts et la philosophie se rejoignent, ou encore d’un compositeur d’avant-garde Wyshnegradskyi, qui commence à composer en demi et quart de tons avant les années 20.

C’est aussi le cas avec Stravinsky, compositeur marqué par son maître Rimski-Korsakov, un magicien de l’orchestre, et qui met au premier plan le rythme et l’utilisation du folklore russe archaïsant dans sa première période russe.

La révolution de 1917 fait encore évoluer les compositeurs qui doivent se définir dans le cataclysme de son avènement. Certains vont suivre les nombreux artistes qui choisissent l’émigration (Stravinsky, Prokofiev jusqu’en 1936, mais aussi Rachmaninov, Medtner).

En Russie, les styles se succèdent rapidement, certains essaient de traduire la violence de l’industrialisation dans leurs compositions (Mossolov, Prokofiev avant même son retour en Russie).
Mais le vent de liberté est stoppé net dès la fin des années 30, avec la nécessité pour les compositeurs d’abandonner toute recherche formelle pour se tourner vers des musiques populaires plus facilement compréhensives, dans une acceptation souvent contrainte des règles et des valeurs du réalisme socialiste.

Après l’effort de guerre qui calme pour un temps la répression des artistes, le rapport Jdanov de 1948 fait le procès de tous les grands compositeurs du moment, notamment Chostakovitch, Prokofiev, Khatchaturian, Roslavets, ou même Miaskovski pourtant plus classique.

La mort de Staline arrêtera la répression, mais c’est très lentement que la vie musicale pourra renaître plus librement. Pour continuer à être joué, Chostakovitch, joue à cache-cache avec les censeurs.
La fin des années staliniennes permettra aux musiciens russes de prendre connaissance, souvent en secret, des courants de la musique contemporaine occidentale. Ce sera l’émergence de compositeurs comme Denisov, Goubaidulina, Ustvolskaya.

Lorsque cette avant-garde pourra s’exprimer en plein jour à partir des années 1980, certains compositeurs de la génération précédente qui n’avaient pu s’exprimer suffisamment seront parfois laissé de côté : aujourd’hui, on redécouvre un compositeur comme Weinberg, auteur de très nombreuses oeuvres, symphonies, opéras, et aussi 17 quatuors qui vont être joués à la saison prochaine de la Philharmonie de Paris.

D’autres compositeurs ont connu une grande notoriété en Russie, sans être aussi joués en Occident : Chebaline, Chedrine, Tishchenko, Kabalevski (reconnu seulement pour ses oeuvres didactiques pour piano).
Le cas d’Alfred Schnittke, auteur d’une oeuvre abondante mais inclassable, est à part en raison de ses caractéristiques polystylistiques, usant souvent de l’expressionnisme et du collage.

Sur le plan des écoles et de la formation musicales, l’ère soviétique produit de très grands artistes qui continuent la tradition d’excellence qui s’est mise en place à la fin du 19e siècle, mais leurs tournées occidentales ne se développera que progressivement après la mort de Staline.

La Bibliothèque nationale de France offre de nombreuses œuvres des compositeurs cités dans cet article sur les écrans audiovisuels du Haut-de-jardin grâce à Naxos, Classical Library, Cité de la musique/Philharmonie et Medici-TV.

  • Où et quand ?

Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand
Bibliothèque du Haut-de-jardin, entrée libre tous les jours à partir de 17h

Concerts et disques sur tous les postes audiovisuels
Du mardi au samedi (10h-20h) et le dimanche (13h-19h)

  • Pour en savoir plus

Lire les autres actualités des collections audiovisuelles de la BnF.
Toutes les [Actualités audiovisuelles] du Blog Lecteurs.

Charles Berz (BnF)

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Crédit photographique : Ivan Tsarevitch capturant l’oiseau de feu, 1915, Léon Bakst (© Harvard University)

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