Choix du bibliothécaire

[Actualités audiovisuelles] “Ci-gît une star”

12 avril 2018

Le chanteur Jacques Higelin, décédé vendredi dernier, est enterré ce jeudi 12 avril au Père-Lachaise.

Chanteur inventif et inspiré, artiste de scène également, sa carrière n’aurait pas été la même si de bonnes fées discographiques ne s’étaient pas penchées sur son berceau : Jacques Canetti (Productions Jacques Canetti), Pierre Barouh (label Saravah), ainsi que Claude Dejacques et Laurent Thibault (Pathé-Marconi).

Pierre Barouh et Laurent Thibault en témoignent dans des entretiens réalisés par le Département de l’Audiovisuel de la BnF en 2013 et 2014 et à écouter sur Gallica.

Il n’a que 14 ans quand il est auditionné par Jacques Canetti qui, tout en reconnaissant son talent précoce, ne veut pas le “lancer”. Il joue ensuite à ses 16 ans dans une comédie musicale avec Sidney Bechet. C’est finalement en 1966 que paraissent ses premiers enregistrements : un album de textes de Boris Vian mis en musique (Marie-José Casanova et Jacques Higelin chantent Boris Vian), puis l’album Chansons d’avant le déluge qui marque les débuts de sa collaboration avec Brigitte Fontaine.

Pierre Barouh les accueille tous les deux sur son label Saravah en 1969 pour quatre albums de chansons à la fois acoustiques, folk, expérimentales et inspirées, auxquelles collaborent Areski Belkacem et l’Art ensemble de Chicago. On se souvient de Remember, de Cet enfant que je t’avais fait, de Je suis mort qui qui dit mieux

Son passage chez Pathé Marconi, sous la direction artistique de Claude Dejacques et avec à la réalisation Laurent Thibault, marque sa conversion au rock le plus électrique. Il livre la trilogie : BBH 75 (1974), Irradié (1975) et Alertez les bébés (1976).

Il explore les instruments synthétiques dans No man’s land ( 1978) puis revient à un certain éclectisme musical (son duo avec la diva Elisabeth Wiener) dans Champagne pour tout le monde, Caviar pour les autres… (1979).

Il publie également bon nombre d’albums en public et ainsi qu’un album de reprises de chansons de Charles Trenet en 2005 : Higelin enchante Trenet. On se souvient aussi de Tombé du ciel en 1988.

Les éditions Grasset font paraître en 1987 sous le titre Lettres d’amour d’un soldat de vingt ans les courriers qu’il adressait à sa fiancée pendant la guerre d’Algérie.

Sa carrière au cinéma est loin d’être négligeable, qu’il campe un personnage de banlieusard (Elle court elle court la banlieue, Gérard Pirès, 1973) ou de rocker sentencieux dans La bande du Rex (Jean-Henri Meunier, 1980).

La grâce ne l’a jamais quitté.

  • Où et quand ?

Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand
Bibliothèque du Haut-de-jardin, entrée libre tous les jours à partir de 17h

Vous pouvez écouter une sélection d’albums de Jacques Higelin sur tous les postes audiovisuels des salles du Haut-de-Jardin, et lire ses entretiens avec Valérie Lehoux dans Je vis pas ma vie, je la rêve (2016)

  • Pour en savoir plus

Les autres actualités des collections audiovisuelles de la BnF.
Toutes les [Actualités audiovisuelles] du Blog Lecteurs.

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Bertrand Bonnieux
(BnF)

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Crédit photographique : Jacques Higelin, Coup de foudre (2010) - SDC 12-248729 © BnF/Dépôt légal des documents sonores (DR)

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