BnF

[Club des livres] Les relations art et politique au tournant de mai 68

14 mai 2018
Salon de la jeune peinture

Salon de la jeune peinture

La BnF accueille, en marge de de son exposition de photographies sur les icônes de mai 68, un club des livres consacré à l’histoire du Salon de la jeune peinture, avec M. P. Bouvier.

Le Salon de la jeune peinture, comme son nom l’indique,  était d’abord le salon des jeunes artistes de moins de 30 ans. Il s’est installé sur la scène artistique française dans le contexte économique de la croissance des Trente Glorieuses (Jean Fourastié), favorable au développement du marché de l’art. Le salon de la jeune peinture gagne rapidement en notoriété au point d’être accueilli pour sa 5e édition de 1954 par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, palais de Tokyo. L’avant garde novatrice s’institutionnalise. Mais il reste traversé par les partis pris artistiques et idéologiques de son temps, privilégiant le figuratif qui a la préférence du parti communiste, au détriment de la peinture abstraite, renvoyée à l’impérialisme américain, qui s’y insère timidement et progressivement.

L’édition de mai 68 qui devait être la 19eme édition du Salon a été soigneusement préparée. Un des projets était de présenter une salle entièrement rouge, en signe de soutien aux Vietnamiens luttant contre l’impérialisme américain. Mais dès le mois de mars un mouvement d’étudiants agite l’Université de Nanterre, avant l’occupation de la Sorbonne début mai et la paralysie de toute la France. Les artistes participent du mouvement, notamment aux Beaux-Arts. Les artistes du Salon de la jeune peinture investissent rapidement les ateliers populaires des Beaux-Arts d’où sortiront 300.000 affiches, comme Aillaud, Alleaume, Arroyo, Artozoul, Biras, Buraglio, Bodek, Fromanger, Jolivet, Rougemont, Tisserand. Le salon ne peut donc se tenir. Pour autant, la Salle Rouge se déplace sur les routes de France et l’élan que mai 68 a donné au militantisme constitue un formidable tremplin pour les salon suivants.

Le Salon de la jeune peinture de l’après 68 voit les engagements politiques des artistes évoluer. L’ancrage militant est toujours fort autour de la contestation de l’argent dans le contexte pompidolien, Georges Pompidou étant un ancien banquier d’affaires. Des banderoles dénoncent alors l’expo Pompidou comme une expo Fric. L’actualité fournit aussi des occasions d’engagement comme le coup d’Etat du 11 septembre 1973 au Chili, mais aussi la lutte pour le développement dans les pays désignés sous le terme de “Tiers monde”.

Ce que cette histoire du Salon de la jeune peinture montre

par rapport au déroulé historique de ces manifestations, il n’y a pas de césure en soi mais un processus historique dialectique se modifiant

  • En savoir plus

Francis Parent et Raymond Perrot, Le salon de la jeune peinture. Une histoire, 1950-1983, Paris, Edition Patou, 2016 .

  • Pratique

Club des Livres, samedi 26 mai 2018 de 17h à 18h.
Bibliothèque François-Mitterrand, Paris 13e, Hall Est, Club de l’Est.
Entrée Libre - rencontre suivie d’une dédicace.

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