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Le Canada à l’honneur au festival America

19 septembre 2018

Cette année, la 9e édition du festival America de Vincennes met à l’honneur les littératures du Canada et propose de nombreux événements autour d’auteurs anglophones et francophones du vendredi 21 au dimanche 23 septembre 2018.

Interrogeant les migrations, le métissage ou la mémoire des peuples amérindiens, les rencontres et débats entre auteurs, photographes, artistes et lecteurs donneront l’occasion de découvrir le Canada, son imaginaire et sa passionnante histoire. Pays immense et jeune, caractérisé par la diversité de ses identités et la coexistence des langues française et anglaise, le Canada est représenté par un paysage littéraire d’une grande variété.

Joseph Legare, Les chutes-de-la-Chaudières, 1840
© Bibliothèque et Archives Canada

À travers des débats, des ateliers d’écriture, comme celui donné par Jeffrey Eugenides, des expositions ou des concerts, cette année autour de la musique Louisiannaise francophone, les visiteurs peuvent découvrir des auteurs reconnus, comme Margaret Atwood, née à Ottawa en 1939, auteur de La servante écarlate adaptée en série avec un succès retentissant sur Netflix, et de jeunes auteurs canadiens anglophones et francophones mais aussi américains, cubains mexicains et haïtiens.

De l’odyssée dans le grand Nord au roman social, les auteurs canadiens anglophones investissent l’imaginaire littéraire avec des voix singulières. Pour David Chariandy, qui a grandi dans la banlieue de Toronto et qui enseigne la littérature à la Simon Fraser University de Vancouver, c’est la vie tumultueuse de Michael et Francis, deux frères adolescents, et leur confrontation au racisme ambiant décrite dans son dernier roman 33 tours (2018), qui questionne la société canadienne et les minorités sociales. Autre récit entre rêveries post apocalyptiques et réalité amère dans The Age, le premier roman de Nancy Lee, née de parents chinois et indien, qui a émigré très jeune au Canada où elle enseigne le creative writing à l’université en Colombie Britannique. Au contraire ancré dans le réel, Stéphane Larue nous emmène, dans son roman Le Plongeur, découvrir l’arrière-cuisine d’un restaurant de Montréal, son travail exténuant à la plonge, ses pics d’adrénaline, la drogue et le monde de la nuit.

Sydney Highamn, Le quai d’immigrants à Québec, 1904
© Bibliothèque et Archives Canada

On peut aussi s’immerger dans l’histoire du Canada en lisant La Dernière Traversée, Comme des loups ou Comme des feux dans la plaine, une trilogie de Guy Vanderhaeghe autour des premières divisions séparant le Canada des États-Unis à la fin du XIXe siècle, tandis que les différentes nations s’affrontent à la façon d’un western. Mais d’autres voix plus singulières encore entraînent les lecteurs vers des univers insolites, comme les romans de Patrick deWitt, né en 1975 sur l’île de Vancouver, dont le roman Les Frères sisters a été sélectionné pour le Man Booker Prize et adapté au cinéma par Jacques Audiard (en salle à partir du 19 septembre 2018). Évoluant dans un monde sauvage et hostile, les frères criminels n’éprouvent aucun état d’âme à tuer et parcourent l’Oregon et la Californie dans une traque implacable et sombre. La québécoise Naomi Fontaine évoque dans Kuessipan la vie des Innus, peuple autochtone du Canada dont elle fait partie. Elle décrit la vie de cette tribu dans les grands espaces, entre permanence des traditions et misère sociale. Anaïs Barbeau-Lavalette, à travers le roman La femme qui fuit nous fait revivre une page du Canada, celui des années 1950 et 1960. La femme qui fuit c’est la grand-mère de l’auteure, Suzanne Meloche, poétesse libre et absolue, mère de deux enfants, qu’elle abandonne pour toujours pour vivre son art et tracer sa voie.

Georges Demanche, Chefs sauvages, Canada, 1885

La soirée d’ouverture du jeudi 20 septembre propose un hommage à Montréal, qui retrace les premiers moments de cette métropole culturelle et industrielle depuis l’arrivée des colons. Présidé par Francis Geffard, le festival donnera aussi l’occasion de rencontrer l’auteur américain John Irving, né en 1942, qui a grandi dans le New Hampshire avant de s’installer au Canada, à l’occasion des 40 ans de la parution du Monde selon Garp. François Busnel, co-fondateur de la revue America, animera cette rencontre le samedi 22 septembre. Un hommage sera également rendu au new-yorkais Philip Roth, disparu cette année.

James D. Duncan, Ice Shove in Front of the Market Building, Montréal, 1854
© Bibliothèque et Archives Canada

À l’occasion du festival, des prix littéraires récompenseront de jeunes auteurs d’Amérique du Nord. Des invités venus des États-Unis (Lauren Groff, Laura Kasischke…), du Mexique (Emiliano Monge), de Cuba (Wendy Guerra) et d’Haïti (Dany Laferrière, Yanick Lahens…) seront également présents.

Pour aller plus loin :

Se rendre au festival America à Vincennes

Participer aux événements du festival America

Pour lire les auteurs canadiens en Haut-de-jardin :

Découvrir la littérature canadienne anglophone en salle G

Lire les auteurs canadiens anglophones en salle G

Découvrir la littérature canadienne francophone en salle H

Lire les auteurs canadiens francophones en salle H

Sarah Tournerie et Isabelle Le Pape, Département Littérature et art

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