Les urnes de l’Opéra

Le feuilleton des urnes de l’Opéra : 1er épisode

18 mars 2009

1er épisode : 1907-1988, où l’on enfouit pour cent ans les plus belles voix du siècle

Photographie officielle de la cérémonie d'enfouissement de 1907

Le 24 décembre 1907, à 15h 30, un étonnant cortège accompagnait, dans les sous-sols du Palais Garnier jusqu’à un caveau fermé par une porte en fer, deux urnes de métal qu’on avait au préalable hermétiquement scellées. Cet abri d’outre-tombe avait été réalisé sur mesure pour recevoir et garder hors du monde extérieur, vingt-quatre « disques dramophones », comme l’on désignait alors les plaques de résine impressionnés par la trace de sons enregistrés.


Alfred Clark, directeur de la Compagnie française du Gramophone, l’une de ces sociétés commerciales qui se disputaient déjà âprement le marché, encore tout jeune, du disque (encore concurrencé par le cylindre !), avait fait ce don aux Archives de l’Opéra de Paris. Il voulait ainsi amorcer la construction d’un « musée de la voix » et manifester la supériorité technique et artistique de son catalogue. Officiels de l’Opéra mais aussi de la Musique et de la Culture, journalistes furent donc conviés à une cérémonie et durent apposer leur signature au bas d’un parchemin authentifiant l’opération et donnant la liste complète des documents enterrés.
A ce don généreux, complété cinq ans plus tard, le 13 juin 1912, par celui de trois autres urnes -abris inaltérables- deux d’entre elles de vingt-quatre nouveaux gramophones et, la troisième, d’un « phonographe» parfaitement équipé pour en assurer la plus fidèle lecture, Alfred Clark associait une impérieuse obligation “que ces boîtes soient ouvertes seulement au bout de cent années, afin d’apprendre aux hommes de cette époque : 1° Quel était alors l’état des machines parlantes encore presque à leurs débuts, et quels progrès auront amélioré cette précisieuse invention au cours d’un siècle ; 2° Quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps et quelle interprétation ils donnaient à quelques-uns des morceaux les plus célèbres du répertoire lyrique et dramatique.”


Photos : Reutlinger - © BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra; Urnes © BnF, département de la Reproductio;
DVD © Enzo Forciniti

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