Les inventeurs

Les inventeurs : Emile Berliner

10 mai 2009

Emile Berliner

Jeune émigré allemand né à Hanovre et arrivé clandestinement à New-York à la fin d’avril 1870, Emil Berliner (1851-1929) s’inspire fortement du procédé d’enregistrement sur noir de fumée de Léon Scott et des idées exposées par Charles Cros dans son pli cacheté : d’une certaine manière, il réalise dans une série de brevets déposés entre 1887 et 1888 tout ce que Cros a pressenti. Toutefois, l’existence d’un brevet de Bell et Tainter présentant le principe de l’enregistrement du son dans la cire lui interdit le droit d’y recourir.

Dans un premier temps, en 1887, il compte enregistrer sur une feuille enduite de noir de fumée et placée sur un cylindre mais abandonne cette idée car il veut utiliser la photogravure, qui exige un support plat offrant une certaine transparence une fois enregistré : si l’enregistrement est fait sur une feuille enroulée, son dégagement du cylindre et sa mise à plat endommageraient ce qui vient d’être enregistré. De même, les nécessités de la photogravure lui imposent d’abandonner la gravure verticale pour une gravure latérale.

Dans son dispositif d’enregistrement, le verso du disque en verre, sur lequel se fait la gravure, est enduit préalablement d’un corps gras et de noir de fumée. La tête de gravure est fixe tandis que le disque de verre est mis en rotation et se déplace latéralement sur la distance d’un rayon ; la tête de gravure trace donc un sillon en spirale mais laisse vierge la partie centrale du disque.

En 1888, il juge que le procédé de reproduction par photogravure est trop difficile et délicat à mettre en œuvre. Il met alors au point une méthode ingénieuse de fabrication d’un disque en zinc, qu’il expose dans un brevet de 1892 : une pellicule grasse est déposée sur le zinc ; de l’alcool est versé goutte à goutte sur le disque pour éviter que de la poussière ne s’accumule sur la tête de lecture ; de l’acide chromique est utilisé pour la morsure du métal. Cependant, la tendance de l’acide à se mélanger avec la couche de cire adjacente appauvrit la qualité sonore.

Par conséquent, dans un brevet de 1893, il pense utiliser l’« ébonite », ou « vulcanite », « gomme durcie » par vulcanisation dans laquelle sont d’ailleurs pressés ses premiers disques phonographiques. La vulcanisation, découverte en 1839 par Goodyear, est une opération qui consiste à incorporer, sous l’effet de la chaleur, une certaine quantité de soufre à du caoutchouc : cette opération permet d’obtenir du caoutchouc à la fois plus résistant mais aussi plus élastique que du caoutchouc non traité. Pourtant, l’ébonite, matériau instable, présente des défauts et se conserve mal :

-   lors du pressage, l’ébonite, en refroidissant, se rétrécit de manière inégale, ce qui crée un important gondolement, et la présence de gaz cause des boursouflures ;

-   lors de l’écoute du disque, les particules dures de l’ébonite produisent des claquements et sa rugosité donne lieu à un important bruit de fond ;

-   exposé à la lumière, le caoutchouc s’oxyde ;

-   en présence d’humidité se forment des oxydes de soufre et de l’acide sulfurique qui peut aller jusqu’à décomposer le matériau.

Un matériau de remplacement, mélange de gomme-laque, de sulfate de baryum, de flocon de coton et de noir de lampe, est breveté en 1897 et les résultats obtenus sont si satisfaisants que l’ébonite est abandonnée vers 1900 au profit de la gomme-laque.

Emile Berliner devant son invention

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Commentaires (1)

  1. plein de bonnes details. tres utile pour les chercheurs.

 

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