La quête du son

L’enregistrement électrique : 1925-1947

2 juin 2009
Un micro à charbon

Un micro à charbon

L’idée est d’amplifier le signal avant de le graver, en utilisant les technologies mises au point pour la radio, afin d’éviter les distorsions des signaux les plus faibles. Le microphone existe depuis 1876 — les premiers essais d’enregistrement avec micro datant de 1896 — et la lampe triode, permettant d’amplifier les signaux électriques, depuis 1906. De premiers essais de gravure amplifiée sont tentés par des ingénieurs de HMV en 1920, mais il s’agit d’amplifier le son par un haut-parleur avant de le graver avec un graveur mécanique. Ce n’est qu’en 1925 qu’apparaissent les premiers véritables enregistrements électriques, aux USA puis en Europe, d’abord avec des micros au charbon, dérivés de ceux utilisés dans les téléphones, assez médiocres, puis avec des micros à condensateur, très proches de ceux toujours utilisés aujourd’hui, comme les fameux Neumann, qui servaient au départ pour sonoriser les discours de Hitler.

Tout va alors très vite, Western Electric fabrique les premiers micros électrostatiques et General Electric les premiers haut-parleurs dynamiques dès 1928 (avec une bande passante de 40 à 13 000 Hz dès le début des années 30 pour les haut-parleurs de cinéma), le pick-up électrique, apparu en 1926, remplaçant peu à peu les phonos à pavillons. Le disque peut alors prétendre à une certaine fidélité avec une gamme de fréquence de 50-6 000 Hz en 1925, jusqu’à 30-8 000 Hz à la fin des années 30 et l’enregistrement s’attaque à toutes les musiques. Cette fidélité a d’ailleurs de grandes conséquences pour les artistes, car, si les séances d’enregistrement gagnent en confort le disque met en valeur tous les défauts de leur technique ou de leur interprétation, ce qui passe en concert ne supportant pas forcément des écoutes répétées. Les exigences des musiciens et du public ne seront plus jamais les mêmes.

Cependant, certaines contraintes restent, une durée limitée à 4 min 30 s par face, ou le bruit de fond constant et la faible dynamique liées à la lecture mécanique avec un bras très lourd, qui oblige à utiliser une matière très dure et légèrement abrasive pour que les disques ne soient pas traversés par l’aiguille des phonos. Dès 1931, on savait qu’il serait possible d’améliorer la qualité du son et d’augmenter la durée du disque en employant une tête plus légère et en faisant des sillons plus fins. Mais il était économiquement impossible de remplacer toutes les machines existantes et, jusqu’à l’après-guerre, il fallut donc se contenter de ces limites, même si RCA avait expérimenté les premières gravures microsillons 33 tours en 1931, standard professionnel utilisé pour les bandes-son des films (procédé Vitaphone).

Stokowsky devant une console de mixage dernier cri.

Stokowsky devant une console de mixage dernier cri.

De même, les premiers essais de stéréophonie, peu exploitables, remontent à 1920, les premiers disques étant enregistrés en 1933 par EMI (Symphonie 41 de Mozart par Thomas Beecham) qui avait déposé des brevets en 1931. Edison Bell avait de même expérimenté en 1931 des retransmissions en direct en stéréo de concerts de l’orchestre de Philadelphie dirigé par Leopold Stokowsky, premier chef à s’intéresser à la technologie de l’enregistrement et qui a joué un grand rôle dans les travaux sur la stéréophonie et la FM. Mais, là aussi, les essais sont plus ou moins abandonnés, faute de soutien du grand public. Le son optique du cinéma, exempt de ces contraintes, montre bien la fidélité des enregistrements réalisés à l’époque.

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