La quête du son

L’enregistrement numérique

18 juin 2009
Enregistrement sur disque dur. © Ilker

Enregistrement sur disque dur. © Ilker

Dès 1937, Reeves avait inventé la Modulation par Impulsion Codée, fondement de l’enregistrement numérique, mais il fallut attendre les progrès de l’informatique pour généraliser l’enregistrement numérique du son. Les premiers sont réalisés en 1979, conjointement par DECCA (”Concert du nouvel an” par Boskowsky) et Deutsche Grammophon (”Concerto de Tchaikovsky” par Gidon Kremer). En fait, l’apparition du CD audio est liée aux expérimentations effectuée dès les années 60 pour enregistrer l’image sur disque. En 1978, Philips invente un disque vidéo, le Vidéodisque, lu par un faisceau laser capté par une photodiode, et sort en 1982 le Compact Disc, utilisant la même technologie.

Le support numérique a été une révolution pour l’utilisateur domestique plus que pour le professionnel, les principes de la prise de son n’ayant en fait guère varié en 30 ans, même si le support numérique supprime tous les défauts de la lecture mécanique : plus de bruits de surface liés à la bande magnétique, meilleure dynamique, meilleure pureté sonore. De plus, le système numérique permet de remplacer des nombres déformés ou abîmés, ce qui lui permet d’être nettement moins fragile que l’enregistrement analogique. Surtout, le CD permet d’avoir chez soi un support de qualité professionnelle, même si la technologie PCM (Pulse Code Modulation) est un compromis qui permet de trouver la qualité la plus acceptable sur le support le plus petit possible. Il était au départ prévu que le compact ait 11 cm de diamètre pour une durée de 60 min, mais Mme Morita, la femme du PDG de Sony, voulant avoir la 9° Symphonie de Beethoven sur un seul CD, on augmenta son diamètre à 12 cm, pour une durée moyenne de 75 min, pour pouvoir enregistrer l’œuvre qui dure 70 min.

Les "cuvettes" d'un CD vues au microscope

Les "cuvettes" d'un CD vues au microscope

Sur un CD, le son est échantillonné, c’est-à-dire analysé, 44 100 fois par seconde (44,1kHz) et codé en chiffrage binaire par 16 chiffres à 2 possibilités (1 ou 0), ou bits, qui la découpent en 216 valeurs, soit 65 536 valeurs possibles. Depuis, les progrès de l’informatique ont permis de passer à 20 bits en 1986, puis 24 bits en 1996. Le DVD-Audio et Super Audio CD (SACD), nouveaux supports apparus plus tard, enregistrent ainsi en 24 bits à 96 kHz ou en DSD (Direct Stream Digital), c’est-à-dire que le son est découpé en 96 000 tranches par seconde et que ces tranches peuvent avoir 224 = 216 777 216 informations, d’où un son bien plus fin que sur un CD.

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Commentaires (1)

  1. Merci pour cet excellent article sur l’histoire du numérique. Cette invention fut à la base de l’ère numérique que nous connaissons actuellement : informatique, internet, …

 

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